20 militants de Greenpeace interpellés au Tricastin

2013-07-15T19:34:22+00:00

L’intrusion de centrale nucléaire va-t-il devenir le sport national en France ? Une question pas si farfelue au regard de la fréquence avec laquelle les militants de Greenpeace parviennent à s’introduire sur les sites de production d’EDF. Ce lundi à l’aube, une vingtaine d’entre eux ont pénétré sur le site du Tricastin (Drôme) et ont déroulé des banderoles au niveau des réacteurs 1 et 3 pour demander la fermeture de la centrale. Les forces de l’ordre sont intervenues pour déloger les contestataires.

Tourisme militant

A l’heure où est écrit cet article, 21 d’entre eux ont été interpellés, tandis qu’une « petite dizaine » étaient toujours sur le site « localisés et sous contrôle », a indiqué Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur à l’AFP. « C’est une action médiatique qui ne représente pas de danger pour la sécurité des installations », a-t-il insisté. « Il n’y a pas eu de pénétration dans les enceintes de sécurité », a renchéri une porte-parole d’EDF. De son côté, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a expliqué avoir « mobilisé son centre national de crise à 7h15. Pour le moment, l’événement n’a pas eu d’impact sur la sûreté de l’installation ».

Les ministres de l’Intérieur et de l’Energie, Manuel Valls et Philippe Martin, ont demandé un rapport d’inspection sur les conditions de cette intrusion. En fin de matinée, le ministère de l’Energie a laissé entendre que la re-caractérisation juridique de ces actes allait être envisagée : « le cadre juridique actuel doit mieux répondre aux exigences de sécurité face aux agressions modernes et faciliter la discrimination entre les intrusions pacifiques à objectif médiatique et celles visant à porter atteinte à l’intégrité des installations. Ainsi des sanctions pénales plus lourdes sont à l’étude. Aujourd’hui en effet, la qualification des faits comme ceux commis ce matin est la « violation de propriété privée », ce qui est manifestement inadapté. Le ministère de l’Ecologie du Développement Durable et de l’Energie a demandé à ses services dès octobre 2012 d’étudier l’évolution du statut des installations nucléaires. Cette évolution pourrait être proposée dans la loi sur la transition énergétique à l’automne. Cette réflexion est portée au sein d’un groupe de travail spécifiquement créé, et piloté par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) ».

Pour le porte-parole d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) en Ardèche, département voisin de la Drôme, la « facilité avec laquelle les militants ont pu pénétrer sur le site est en soi inquiétante ».

 

 

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