Abandon de South Stream : « Pas une tragédie pour l’UE », estime Gérard Mestrallet

2014-12-09T12:59:02+00:00

South stream serbie« L’abandon par la Russie du projet de gazoduc South Stream ne compromet pas la sécurité énergétique de l’Union européenne », a estimé jeudi 4 décembre le p-dg de GDF Suez, Gérard Mestrallet, doutant par ailleurs de sa faisabilité en raison de son coût, rapporte l’AFP.

Lors de son audition devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les tarifs de l’électricité, le dirigeant a assuré que l’arrêt de South Stream n’était pas une tragédie pour la sécurité d’approvisionnement de l’Europe. « Je ne suis pas sûr que South Stream, de toute façon, ait pu aller jusqu’au terme. C’est un investissement extrêmement cher, pas absolument indispensable ».

D’autres canaux d’alimentation existent pour approvisionner le Vieux Continent, où la consommation de gaz diminue mais les importations augmentent assez doucement pour palier une baisse de la production européenne. Gérard Mestrallet a cité le gazoduc North Stream, qui relie directement la Russie et l’Allemagne via la mer Baltique, et le projet de corridor gazier sud TAP visant à alimenter l’Europe de l’Ouest en gaz de la mer Caspienne via la Grèce, l’Albanie et l’Italie, mais aussi le gaz naturel liquéfié (GNL) et le biogaz. « Si le biogaz peut représenter 10% (de l’approvisionnement) de la France à l’horizon 2030, c’est autant de sécurité d’approvisionnement supplémentaire », a-t-il fait valoir.

Initiative privée des groupes russe Gazprom (50%) et italien ENI (20%) d’un coût de 16 milliards d’euros, le projet South Stream devait relier sur 3.600 kilomètres la Russie à la Bulgarie pour se diriger ensuite vers l’Europe occidentale via la Serbie, la Hongrie et la Slovénie. Lancé en décembre 2012 avant le conflit russo-ukrainien, il visait au départ à diversifier les routes du gaz russe, en contournant l’Ukraine par où transite actuellement près de la moitié des livraisons russes à l’UE. Sa capacité prévue était de 63 milliards de m3 par an, soit l’équivalent des achats européens de gaz russe transitant par l’Ukraine.

Les autres partenaires du projet étaient le français EDF (15%) et l’allemand Wintershall (groupe BASF, 15%).

Source : AFP

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