Audition d’Henri Proglio le pragmatique

2014-05-09T11:14:04+00:00

La Commission d’enquête parlementaire relative aux coûts et à l’avenir de la filière nucléaire recevait mardi 6 mai au matin Henri Proglio, pdg d’EDF. Dans une ambiance rapidement électrisée par Bernard Accoyer, député UMP, qui « dénonce les conditions de travail » établies par le rapporteur (Denis Baupin, EELV) qu’il juge « partisan », Henri Proglio a préféré une attitude plus pragmatique en terrain (en partie) miné.

 

Pour le patron d’EDF, il n’y a pas de doute, le nucléaire est l’énergie la plus économique et la plus à même de concilier les objectifs en matière de compétitivité et d’émissions de gaz à effet de serre. La sûreté, « notre objectif premier », consiste aujourd’hui à rendre impossible toute contamination externe et garantir que « même en cas d’accident nucléaire, les populations puissent vivre en sécurité à côté ».

Grand carénage

Henri Proglio (c) EDF

Henri Proglio (c) EDF

Le dossier du grand carénage, que doit réaliser l’électricien pour prétendre à une prolongation de la durée de vie de ses tranches nucléaires, a occupé une bonne part des débats. Henri Proglio a répété le chiffre de 55 milliards d’euros d’investissements jusqu’en 2025, « à la suite de quoi nous reprendrons nos dépenses habituelles de maintenance, de l’ordre de 50 millions d’euros par réacteur et par an ». Soit 2,9 milliards par an pour le parc. Les coûts liés au retour d’expérience partiel de Fukushima sont quant à eux estimés à 10 mds €, intégrés au 55 mds. Les marchés ont d’ailleurs été attribués par l’électricien en avril. Le patron d’EDF a également indiqué que « les travaux de ce grand carénage seront très largement sous-traités ».

Le recrutement est un sujet qui revient régulièrement en commission en raison de la pyramide des âges désavantageuse que présente l’entreprise. « Entre 2009 et 2013, environ 40% des effectifs sont partis à la retraite. La dynamique de recrutement mise en place par le groupe ces dernières années s’est accélérée. Nous avons embauché 6 000 personnes en 2013 », se félicite Henri Proglio.

Fessenheim

Le futur en suspens de la centrale de Fessenheim est devenu le marronnier de cette commission. Poussé par Hervé Mariton, député UMP, le chef d’entreprise s’est là encore montré prudent : « Une centrale ne peut être arrêtée que par moi ou l’Autorité de sûreté nucléaire. Il apparaît néanmoins légitime que la Représentation nationale puisse prendre une telle initiative. EDF sera alors cependant légitime à demander une indemnisation », indique-t-il. Interrogé sur le montant qu’elle pourrait représenter pour Fessenheim, Henri Proglio s’est montré évasif expliquant que « les évaluations n’ont pas encore été arrêtées ». Mais de confirmer que cela devra au moins équivaudre au manque à gagner. Et les députés de regretter que cette information ne puisse éclairer leur choix lors du vote décisif de la loi sur la transition énergétique…

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