Bagdad accuse Shell de lui avoir fait perdre 4,6 milliards de dollars

2013-08-27T09:56:10+00:00

Le ministère irakien du Pétrole a accusé la compagnie anglo-néerlandaise Shell de lui avoir fait subir un manque à gagner de 4,6 milliards de dollars en raison de retards de production. Dans une lettre datée du 21 juillet dernier adressée au vice-président de Shell en Irak, Hans Nijkamp, et que l’AFP a pu consulter, le ministère critique fortement la compagnie pétrolière en raison de retards dans l’exploitation du champ pétrolifère géant de Majnoon, dans le sud de l’Irak, alors que les exportations de pétrole irakien ont atteint leur plus bas niveau depuis 16 mois.

Travaux supplémentaires

La lettre précise que « la production du champ de Majnoon a été arrêtée pendant une période inacceptable » et ajoute que « les pertes de production combinées » à Majnoon ont atteint 44 millions de barils de pétrole. « En conséquence, l’Irak a subi des pertes directes que nous avons estimé de manière conservatoire à 4,6 milliards de dollars. L’Irak continue à subir des pertes quotidiennes du fait de l’échec de Shell à remplir les obligations de son contrat », poursuit la lettre rédigée en anglais.

Le consortium constitué de Shell (45%), de la compagnie pétrolière malaisienne Petronas (30%) et d’une société d’état irakienne (25%) a signé un contrat avec Bagdad en janvier 2010 pour exploiter le champ de Majnoon, dans le sud de l’Irak. Le contrat d’exploitation du champ de Majnoon, qui dispose de réserve prouvée de 12,58 milliards de barils de pétrole, a été attribué au consortium lors d’enchères en 2009.

Dans un communiqué transmis par courriel à l’agence de presse, le porte-parole de Shell, Diego Perez a indiqué que « lors d’inspections et de travaux entamés à la fin de l’année dernière, la nécessité d’importants travaux supplémentaires est apparue. La sécurité de nos personnels et de nos biens demeure notre priorité en Irak et nous travaillons à remettre les installations en état satisfaisant pour assurer une exploitation sure et fiable. Les opérations de forage destinées à relancer la production ont été réalisées avec succès et nous espérons rouvrir les puits dans un proche avenir, puis effectuer une courte période de tests ». Diego Perez a ajouté que Shell s’est fixé un objectif de production 175 000 barils/jour « d’ici la fin de l’année ».

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