Bataille & Lenoir veulent réouvrir le débat

2013-09-30T11:32:45+00:00

La France doit rouvrir la porte aux hydrocarbures de schiste, ont estimé mercredi à Varsovie Christian Bataille, député socialiste, et Jean Lenoir, sénateur UMP, à l’issue d’un voyage d’étude. Celui-ci entre dans le cadre d’un rapport pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPESCST) en cours de finalisation. Un point d’étape début juin avait déjà clairement laissé entendre que la loi de juillet 2011 était excessive. Les deux parlementaires ne semblent pas avoir changé d’avis.

Vent debout !

Devant un journaliste de l’AFP, le duo Bataille/Lenoir a parlé d’une même voix : « La décision du Parlement a été prise sans réflexion. Nous espérons bien remettre en question cette loi pour que la France soit en capacité d’exploiter ses ressources si elle en a », a tempêté Christian Bataille, député socialiste. Même son de cloche de Jean Lenoir, sénateur UMP : « La position de la France n’est pas tenable. Il n’est pas possible d’être seuls dans le monde avec la Bulgarie à fermer la porte à toute forme d’exploitation du gaz de schiste ».

Au cours de ce voyage de trois jours en Pologne, pays le plus avancé en Europe en matière d’exploration du gaz de schiste, les deux élus ont rencontré des chercheurs, des géologues, des industriels, des opérateurs et des responsables politiques. Lenoir a évoqué la possibilité de réutiliser le CO2 pour exploiter ces hydrocarbures non conventionnels à la place de l’eau. Il a également insisté sur la nécessité « d’un contrat social avec les populations concernées par ces exploitations » et « d’une clarification du cadre réglementaire des entreprises pour qu’elles aient un comportement respectueux de ces populations ». Et de rappeler qu’avant la décision du Parlement, « 45 puits ont déjà été forés en France par fracturation hydraulique produisant du pétrole ».

Le Conseil constitutionnel, saisi par la compagnie américaine Shuepach, doit se prononcer le 11 octobre sur la légalité de l’interdiction de la fracturation hydraulique, a rappelé de son côté Christian Bataille. « Il peut annuler la loi. Si c’est le cas, il sera très difficile au gouvernement de réinterdire l’exploitation du gaz de schiste », a-t-il ajouté. Philippe Martin, ministre de l’énergie, a quant à lui prévenu lors de son audition parlementaire que même en cas de censure, le gouvernement se tiendrait prêt à déposer un nouveau texte tenant compte de l’avis des Sages.

L’Eldorado polonais ?

En Pologne, la société Lane Energy, contrôlée par le géant américain Conoco Philips, a commencé l’extraction du gaz de schiste près de Lebork (nord), un des 48 forages effectués jusqu’ici par une quinzaine de groupes gaziers bénéficiant de licences de prospection et d’exploitation. Selon l’Institut national de géologie, les ressources récupérables de gaz de schiste du se situeraient entre 800 et 2 000 milliards de m3. L’agence américaine de l’énergie (EIA) dans son rapport 2013 estime quant à elle qu’elle pourraient atteindre le double.

 

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