Batho remerciée, les écologistes restent au gouvernement

2013-07-05T14:15:04+00:00

« C’est un mauvais budget », déplorait mardi matin Delphine Batho après les derniers arbitrages présidentiels. Une mauvaise inspiration de l’ancienne ministre de l’Ecologie du Développement durable et de l’Energie, débarquée dans la journée par le président de la République, désormais soucieux d’éviter les « couacs » au sein de l’Exécutif. Son éviction express (à peine quelques heures après avoir prononcé ces mots) a jeté le trouble sur les alliés écologistes… qui ont finalement décidé de rester au gouvernement. La passation de pouvoir s’est déroulée le lendemain au ministère.

Un fauteuil pas très durable

Batho

Delphine Batho à la conférence franco-allemande sur l’énergie, quelques heures avant son limogeage.

Le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie aura donc vu se succéder en à peine un an trois ministres : Nicole Bricq (rapidement évincée pour ses positions sur les forages en Guyane), Delphine Batho, et depuis hier, Philippe Martin. L’ancienne locatrice de l’hôtel de Roquelaure n’a pas digéré la baisse de 7% de son budget pour 2014 et remis ainsi en cause la volonté écologiste du président de la République. « Est-ce que l’écologie est bien une priorité ? Est-ce qu’on a la capacité de passer du discours aux actes ? », s’interrogeait-elle dans une matinale radio. Une occasion rêvée pour François Hollande d’affirmer son autorité à moindre frais. En quelques heures, son remplaçant était désigné. De leurs côtés, les écologistes ne se montrent toujours pas prêt à claquer la porte malgré les envolées lyriques de certains d’entre eux. La stratégie est toujours d’essayer d’influer la ligne politique du gouvernement, quitte à avaler des couleuvres. Dont acte.

Ecolo-compatible

Si le départ de Delphine Batho ne devrait pas attrister l’industrie avec qui elle entretenait des relations peu cordiales, son remplacement par Philippe Martin ne présage pas pour autant de nettes améliorations. Le député socialiste du Gers s’est en effet illustré pour son combat contre les OGM, sa vision critique du nucléaire et son opposition à l’exploitation des hydrocarbures de roches-mère en France. Co-rapporteur d’un rapport parlementaire sur le sujet en 2011, il indiquait : « La conclusion personnelle à laquelle je parviens est que la France doit renoncer à extraire de son sous-sol les hypothétiques gaz et huile de schiste qui s’y trouveraient ». Le changement n’est donc pas forcément pour maintenant…

 

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