Berre-l’Etang : Les salariés mettent la pression sur LyondellBasell

2014-04-23T10:56:47+00:00

Une trentaine de salariés de la raffinerie de Berre-l’Etang (Bouches-du-Rhône) et des entreprises environnantes bloquaient mardi matin l’entrée du site de Fos-sur-Mer Caban pour réclamer la reprise des discussions entre LyondellBasell et la société Sotragem, dont l’offre de reprise a été rejetée par le groupe américain. Les manifestants entendent ainsi mettre la pression sur leur groupe et maintenir l’intérêt de la compagnie monégasque spécialisée dans le transport et le négoce de produits pétroliers.

Syndicats divisés

(c) LyondellBasell

(c) LyondellBasell

Bien que son offre ait été rejetée, Sotragem disait vendredi vouloir poursuivre les discussions, affirmant « qu’aucune explication n’a été fournie par LyondellBasell pour justifier cette décision » d’arrêter les négociations. De son côté, le groupe américain estime « qu’après une analyse rigoureuse », l’offre de la compagnie monégasque « ne présente pas de conditions commerciales acceptables et ne présente aucune garantie pour un redémarrage effectif de la raffinerie et une reprise viable de ses activités », mettant ainsi fin au processus de recherche de repreneurs entamé en juin 2011. Suite à cette décision, l’intersyndicale s’est dissoute en raison de divergences de points de vue sur les actions à mener suite à l’échec des négociations. La CFDT, FO, Sud et CFE-CGC veulent poursuivre les négociations avec le groupe américain dans la perspective de protéger les emplois en aval, tandis que la CGT  prône une approche plus « virile ». De son côté, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est resté très prudent, gardant certainement en mémoire le cas Petroplus (voir nos articles ici et ). Il s’est contenté de « prendre connaissance avec consternation de la décision unilatérale de LyondellBasell » et de rappeler l’industriel à ses devoirs « en s’engageant sur sa dépollution et sa reconversion industrielle ».

La raffinerie a été mise sous cocon début 2012, prête à redémarrer en cas de reprise, et compte désormais moins de 20 salariés, les autres (350 environ) étant déjà partis dans le cadre d’un plan social. Mais les syndicats craignent que sa fermeture « mette en péril » l’ensemble du complexe pétrochimique de LyondellBasell à Fos-sur-mer, où travaillent 900 personnes au total. Le site se passe depuis maintenant trois ans de sa raffinerie en amont mais selon des sources syndicales, les résultats ne seraient pas au rendez-vous. De fait, c’est l’activité pétrochimique de l’Américain en France qui est désormais en question.

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