Bruxelles dévoile sa stratégie Energie/Climat 2030

2014-01-29T11:42:53+00:00

Le texte était attendu depuis des semaines. La Commission européenne a rendu public le 22 janvier ses objectifs 2030 en matière d’énergie et de climat. En annonçant une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport aux niveaux de 1990 et une part d’énergies renouvelables de 27%, le Vieux continent conserve des objectifs ambitieux. Le texte ne fait pourtant pas l’unanimité. Les écologistes le trouvant trop timoré (les 27% d’ENR leur paraissent insuffisants) et l’industrie estimant qu’il ne prend pas assez en compte le risque qu’il fait porter sur la compétitivité européenne.

Objectifs européens, cadres nationaux

De gauche à droite : Günther Oettinger, José Manuel Barroso and Connie Hedegaard (c) Union européenne

De gauche à droite : Günther Oettinger, José Manuel Barroso and Connie Hedegaard (c) Union européenne

Étayé par une analyse détaillée des prix et des coûts de l’énergie (que le lecteur trouvera ici), le cadre pour 2030 doit permettre de garantir la sécurité juridique aux investisseurs et une approche coordonnée entre les États membres, explique la Commission. C’est pourquoi les objectifs en matières de GES et d’ENR sont contraignants : « Une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre pour 2030 constitue un objectif ambitieux et le jalon le plus efficace sur le plan des coûts sur la voie menant à une économie à faibles émissions de carbone. De plus, l’objectif consistant à porter à au moins 27 % la part des énergies renouvelables envoie un signal important: il garantit la stabilité aux investisseurs, stimule les emplois verts et soutient notre sécurité d’approvisionnement », a expliqué José Manuel Barroso, président de la Commission.

Pour autant, Bruxelles ne souhaite pas que cette stratégie se fasse au détriment de la compétitivité des entreprises européennes :« la Commission propose une série d’indicateurs clés (tel que les écarts de prix de l’énergie par rapport aux principaux partenaires commerciaux, le recours à des sources d’énergie autochtones, ou la capacité d’interconnexion entre les États membres) permettant d’évaluer les progrès réalisés (..) et le cas échéant, mettre au point une réponse stratégique ».

Pour y parvenir, la Commission propose un « nouveau système de gouvernance basé sur des plans nationaux ». Une confirmation que la politique énergétique reste la prérogative des Etats qui sont libres de choisir comment atteindre les objectifs fixés par l’Union. Le Conseil européen devrait examiner le cadre lors de sa réunion de printemps des 20 et 21 mars.

Principes minimaux pour les GdS

La Commission a publié le même jour un autre document attendu : ses propositions d’encadrement de l’exploitation de gaz de schiste. La recommandation adoptée n’impose que des principes minimum à leur exploitation (voir ici). Elle invite en particulier les États membres :
– à planifier les projets et à évaluer les possibles effets cumulatifs avant de délivrer des autorisations;
– à évaluer rigoureusement les incidences sur l’environnement et les risques associés;
– à veiller à ce que l’intégrité du puits corresponde aux meilleures pratiques;
– à contrôler la qualité de l’eau, de l’air, des sols au niveau local avant le début des activités, afin de détecter d’éventuels changements et de parer aux risques émergents;
– à limiter les émissions atmosphériques, y compris les émissions de gaz à effet de serre, par le captage du gaz;
– à informer le public des produits chimiques utilisés dans les différents puits, et à veiller à ce que les exploitants appliquent les bonnes pratiques pendant toute la durée du projet.

Une réglementation qui satisfait notamment la Pologne, très intéressée par l’exploitation d’hydrocarbures de roche-mère. Son représentant, le commissaire européen chargé de l’Environnement, Janez Potočnik a déclaré : « Le gaz de schiste suscite des espoirs dans certaines régions d’Europe, mais également des inquiétudes. La Commission répond aux demandes d’action en formulant des principes minimaux que les États membres sont invités à suivre afin de tenir compte des aspects environnementaux et sanitaires et de donner aux exploitants et aux investisseurs la prévisibilité nécessaire ».

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