Captage de CO2 : Air Liquide a inauguré sa technologie Cryocap

2015-11-23T10:49:42+00:00

l’unité Cryocap H2 sur le site de Port-Jérôme (76)C’est une première mondiale, affirme
Air Liquide. Le spécialiste des gaz industriels a inauguré le 5 novembre dernier une installation industrielle de captage cryogénique de CO2, émis lors de la production d’hydrogène. Cette technologie, baptisée Cryocap, a été mise en œuvre sur la plus grande unité de production d’hydrogène par reformage de gaz naturel (ou SMR, pour Steam Methane Reformer) opérée par Air Liquide en France.

Située à Port-Jérôme (Normandie), cette unité fournit environ 50 000 Nm3/h d’hydrogène à la raffinerie ExxonMobil de Notre-Dame-de-Gravenchon. Développée par les équipes R&D et Ingénierie & Construction du groupe français, Cryocap permet de capter entre 60 et 90 % du CO2 issu du procédé de production d’hydrogène, selon les éléments communiqués par Air Liquide.

Une capacité annuelle de 100 000 tonnes de CO2

Grâce à cette technologie, le gaz résiduaire issu de la production d’hydrogène (composé de CO2 et contenant encore de l’hydrogène) est refroidi à -50 °C pour isoler le CO2. Ce dernier est ensuite purifié, liquéfié puis stocké. Outre son intérêt environnemental grâce à la réduction des émissions sur le site, « Cryocap présente l’avantage d’augmenter le rendement de la production d’hydrogène, et cela jusqu’à 20 % selon la configuration des installations », explique Karine Boissy-Rousseau, directrice Grande industrie France d’Air Liquide.
L’unité Cryocap de Port-Jérôme dispose d’une capacité annuelle de captage de
100 000 tonnes de CO2. Sa production est destinée à être commercialisée auprès de divers industriels (agroalimentaire, notamment, pour la surgélation ou la carbonatation des boissons gazeuses). « Le marché du CO2 est un marché relativement tendu », explique le groupe industriel. L’unité Cryocap de Port Jérôme « renforce et sécurise donc nos capacités de production pour satisfaire la demande », poursuit-il.

Alimenter la mobilité hydrogène

Par ailleurs, la technologie Cryocap « établit le lien entre une utilisation traditionnelle de l’hydrogène, incontournable pour la production de carburant, et
son utilisation émergente pour la recharge des véhicules électriques à hydrogène »,
explique également Air Liquide. Le groupe industriel s’est en effet engagé, sous
la bannière « Blue Hydrogen », dans une démarche de promotion de l’énergie hydrogène, principalement pour la mobilité. Après avoir déployé environ 75 stations de recharge d’hydrogène pour le grand public, notamment en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas, le géant français des gaz industriels a inauguré en janvier dernier une station dans la commune de Saint-Lô (Manche), à destination, dans un premier temps, des véhicules du Conseil général. Le surplus de production d’hydrogène issu de l’installation Cryocap de Port-Jérôme devrait donc alimenter ce point de distribution.

Déclinée sur différents secteurs industriels

Cette première unité de captage cryogénique du CO2 représente un investissement d’environ 39 millions d’euros, dont 30 M€ pour le groupe Air Liquide, complétés par un soutien financier public de près de 9 M€ réparti entre la Région Haute-Normandie, la communauté de communes Caux Vallée de Seine et l’Etat français, via le PIA (Programme des Investissements d’Avenir). Issue d’un travail de R&D d’une dizaine d’années, la technologie Cryocap peut être déclinée sur différents secteurs industriels : le captage de CO2 issu d’aciéries (Cryocap Steel), des centrales thermiques (Cryocap Oxy), et bien évidemment sur les unités de production d’hydrogène (Cryocap H2).

Image : Air Liquide/P-E Rastoin

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