Darricarrère (Total) : « Des risques de retards au Brésil »

2014-05-21T11:39:47+00:00

Yves-Louis Darricarrère, directeur général Upstream de Total, participait le 20 mai au matin au forum France/Brésil organisé par le Medef à Paris. L’occasion pour lui de faire le point sur l’avancée des projets brésiliens du groupe et de balayer les défis de l’industrie pétrolière locale. Avec néanmoins une certitude : le Brésil devient un acteur majeur de l’équilibre énergétique mondial.

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(c) Petrobras

(c) Petrobras

L’année 2013 a été bonne pour Total au Brésil. La Major française a remporté des participations dans une quinzaine de permis dont le fameux projet Libra, « le plus important gisement pré-salifère découvert à ce jour », se félicite Yves-Louis Darricarrère. L’intérêt du groupe dirigé par Christophe de Margerie pour le Brésil n’est pas anodin : « Environ 40% des découvertes réalisées ces dernières années l’ont été au Brésil », poursuit le directeur Upstream. « Mais notre attrait ne se résume pas aux simples réserves. Le Brésil a une vision, un leadership et surtout une stabilité réglementaire sans laquelle aucun investissement lourd ne pourrait être envisagé », indique-t-il. Et d’ajouter le « professionnalisme » de l’ANP (Agência Nacional do Petróleo) et la transparence de ses appels d’offres.

Pour autant, l’industrie pétrolière du pays doit encore relever des défis considérables pour doubler sa production d’ici 2020 comme cela est annoncé. L’introduction de taux minimum de local content selon les projets « est une politique compréhensible mais qui risque d’entraîner des risques réels de retards », met en garde Yves-Louis Darricarrère. Même crainte concernant Petrobras et l’obligation qui lui est faite de prendre au moins une participation de 30% dans chaque champs : « Les compétences de Petrobras ne sont pas en question. Cette compagnie a su découvrir, souvent seule, des gisements dans des condiitions compliquées. Elle bat régulièrement des records de profondeur. Mais lui imposer d’être partout risque d’entraîner une surchauffe de l’entreprise », analyse-t-il.

Total est présent dans plusieurs secteurs d’activité industrielle au Brésil à travers ses filiales Total E&P do Brasil, Total Gás e Electricidade do Brasil, Total Lubrificantes, Hutchinson, CCP Composites, Bostik et Atotech. La compagnie détient respectivement 9,7% et 25% des gazoducs de Bolivia-Brasil (TBG) et de TSB (Transportadora Sulbrasileira de Gás S.A.). Le groupe emploie environ 3 500 personnes dans le pays, majoritairement dans ses activités aval.

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