Des projets industriels émergent

2014-06-23T15:38:31+00:00

Trois industriels français, Valgo, Bolloré et Eiffage, ont évoqué le 20 juin à l’issue d’un comité de pilotage leurs projets de reprise, contestés par la CGT, du site de l’ancienne raffinerie Petroplus, promettant 450 emplois avant 2019 et des investissements de 200 millions d’euros. La raffinerie du groupe suisse Petroplus à Petit-Couronne, au sud de Rouen, avait été liquidée en octobre 2012, alors qu’elle comptait 449 salariés, mais son activité s’était poursuivie jusqu’à la mi-avril 2013.

Repreneurs

Depuis lors, en l’absence de repreneur « crédible » selon les pouvoirs publics, l’État a confié au préfet de la région Haute-Normandie Pierre-Henry Maccioni la mission d’assurer le « repositionnement industriel du site ». Le 19 juin, le groupe Valgo, spécialiste de la dépollution, en est devenu propriétaire pour 4 millions d’euros. La trésorerie de 22 millions d’euros gérée par le Mandataire Judiciaire et servant notamment à l’entretien et au gardiennage du site était épuisée depuis jeudi. « Passé cette date, la raffinerie devenait une friche industrielle vulnérable aux vandales qui sont les premiers à savoir qu’il y a beaucoup de métaux précieux à récupérer sur un tel site », a déclaré le conseil de la liquidatrice, Camille Percheron à l’AFP. François Bouché, PDG de Valgo, a indiqué que son groupe allait assurer à partir du mois d’octobre la dépollution de 80 à 120 000 tonnes de terres sur place et le désamiantage des installations de la raffinerie. Cette activité devrait générer rapidement une centaine d’emplois.

De plus Valgo va relocaliser à Petit-Couronne son unité de recherche et développement en matière de dépollution des sols et des eaux (Valbio) et compte accueillir ensuite des PME spécialisées dans les technologies de pointe. Une grande partie du site (240 hectares) sera occupé par Bolloré Energie pour du stockage de carburants. Sur 500 000 m3, les trois quarts seront consacrés à du stockage stratégique pour le compte de l’État, pour les aéroports parisiens, le reste étant exploité par Bolloré pour sa distribution de fioul.

Le groupe Eiffage va pour sa part créer une plateforme logistique multimodale de produits domestiques dangereux qui ne seront cependant pas recyclés sur place. Le porte-parole CGT des Petroplus Yvon Scornet, présent au comité de pilotage sur l’avenir de la raffinerie, a claqué la porte de la réunion, préconisant toujours une reprise par le raffineur suisse Terrae. Saisie par la CGT, la cour d’appel de Rouen doit se prononcer le 3 juillet sur la légalité de la vente du site à Valgo.

 

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