DOM : Le décret carburant dans l’impasse

2014-02-03T10:44:56+00:00

Alors que les négociations entre les parties-prenantes du dossier sont au point mort, 23 parlementaires issus de Départements d’outre-mer ont appelé l’Exécutif « à ne pas céder au nouveau chantage » de la filière carburant. Les 17 députés et 6 sénateurs, signataires d’un communiqué commun, « appellent fermement le gouvernement à ne pas céder à ce chantage organisé par quelques compagnies pétrolières dont le bénéfice annuel net avoisine les 40 millions d’euros dans l’Océan indien et 33 millions d’euros aux Antilles-Guyane dans une filière qui dégage dans son ensemble près de 100 millions d’euros de profits ». Cette réaction fait suite au nouvel échec des discussions organisées mardi au ministère de l’Economie et des Finances pour définir les arrêtés de méthode. Les représentants des gérants de stations-service sont ainsi repartis dans leur département respectif avec un mot d’ordre : la grève !

Rapports de force

L’intersyndicale des gérants de stations-service a ainsi annoncé mardi soir la fermeture des stations pour « une durée illimitée ». Cette arme avait par deux fois été utilisée en décembre dernier pour tenter d’empêcher la publication des décrets Lurel, destinés à réduire les marges jugées trop élevées des compagnies pétrolières dans ces marchés captifs. Sans surprise, l’annonce a provoqué une ruée des automobilistes vers les pompes en Martinique, Guadeloupe, Guyane ainsi qu’à La Réunion, parfois en présence des forces de l’ordre, rapporte l’AFP. Selon les gérants, les compagnies pétrolières les menaceraient de retrouver à leurs dépens les marges qui leur seraient rognées en amont. Employeurs d’environ 3 600 pompistes, ces gérants craignent de devoir licencier ou de perdre leur contrat de gérance, et montent donc en première ligne, alors qu’ils ne sont pas directement concernés par les décrets.

Un discours qui tranche avec les positions de Total, dont le pdg, Christophe de Margerie, avait exprimé les grandes lignes lors de son audition à l’Assemblée nationale en début d’année (voir ici). Selon lui, loin des millions d’euros de profits que cette activité monopolistique est sensée rapporter, « ce business se rapproche davantage d’un service-public. Si vous trouvez une entreprise qui veut reprendre nos activités à Mayotte, je suis prêt à lui céder ! », avait-il affirmé.

 

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