EDF met à l’arrêt ses centrales au fioul

2014-03-13T10:11:42+00:00

EDF a décidé de mettre en Arrêt garanti long (AGL) huit centrales électriques fonctionnant au fioul. Signée le 27 février dernier, cette décision s’appliquera pour les six prochains mois minimum. La Direction motive ce choix par des raisons financières : la mise à disposition de ces tranches génère des coûts importants, les groupes fioul « sont vus durablement non économiques sur le marché (…) les économies sont évaluées par la Division Production Ingénierie Thermique à 13 millions d’euros par an à l’horizon 2016 » dont 6 millions d’euros de réduction des taxes sur les Voies Navigables de France pour 2014.

Plus de fioul dans le parc électrique d’EDF

Centrale de Porcheville (c) EDF

Centrale de Porcheville (c) EDF

Concrètement, les centrales concernées sont celles de Cordemais (1 400 MW, 435 salariés), Porcheville (2 400 MW, 230 salariés) et Aramon (1 400 MW, 127 salariés). Cumulant 5 200 MW, ces moyens de production utilisés en pointe ont vu progressivement leur taux d’utilisation baissé. Pour la CGT, cette décision peut avoir à terme des répercussions néfastes pour le système d’alimentation en électricité, le rôle essentiel des centrales fioul étant d’assurer l’approvisionnement en cas d’avarie du système ou de palier aux difficultés des autres moyens de production mais elles sont aussi primordiales dans certaines périodes (grand froid ou sécheresses estivales par exemple). Néanmoins, le gestionnaire de réseau de transport, RTE, n’a pas identifié de risque lié à la mise en AGL de ces moyens de production en termes d’équilibre offre/demande d’électricité. Interrogée par Pétrole et Gaz Informations, EDF a confirmé cette décision rappelant qu’il s’agit d’une pratique « usuelle et qu’elle ne préjuge en rien de l’avenir de ces sites ». L’électricien en profitera par ailleurs pour réaliser des travaux de maintenances dans ces centrales.

Un discours qui ne rassure pas la FNME-CGT : « Cette situation pourrait nous amener à de la spéculation sur le marché de l’électricité et ainsi jouer à la faveur des financiers qui aimeraient voir la rémunération de la pointe en augmentation dans le cadre de la loi NOME. En plus, la situation géopolitique actuelle avec les incertitudes sur le marché gazier devraient conduire EDF à la prudence et à ne pas tout miser sur la production d’électricité de pointe à partir du gaz », indique le syndicat. L’arrêt de ces centrales marque la fin du fioul dans la production d’électricité d’EDF, puisque le site de Martigues est actuellement en transformation en cycles combinés gaz.

Partager