EDF relance l’atome outre-Manche

2013-12-06T15:00:05+00:00

La signature de l’accord était imminent, EDF et le ministère britannique de l’Energie (DECC, en initiales anglaises) l’ont officialisé ce 21 octobre. Dans un communiqué de presse de six pages, le groupe dirigé par Henri Proglio dresse les principaux termes de l’accord. Strike price, contrat pour différence, stabilité réglementaire et garantie de financement, Londres déroule le tapis rouge à EDF Energy (filiale britannique de l’opérateur français) et ses partenaires, qui en retour, prennent la responsabilité du projet de la construction jusqu’au démantèlement.

Deux EPR à Hinkley

La future centrale nucléaire de Hinkley Point C. (c) EDF Energy

La future centrale nucléaire de Hinkley Point C. (c) EDF Energy

L’accord prévoit que le consortium constitué par EDF Energy, Areva, la China general nuclear corporation (CGN) et la China national nuclear corporation (CNNC) construise deux EPR sur le site de Hinkley Point C. Sous réserve d’une décision finale d’investissement prévue pour juillet 2014, la mise en service de la centrale est prévue pour 2023. Le coût total du projet s’élève à 18,9 milliards d’euros (16 mds £). Parallèlement, le consortium étudie la construction de deux autres tranches sur le site de Sizewell C. Si la décision est prise, le projet sera fondu dans le présent accord-cadre.

Contrat pour différence

Un des points longuement discutés dans cet accord concerne le prix auquel sera vendue l’électricité. C’est lui qui déterminera le retour sur investissement pour EDF et ses partenaires car comme le souligne Edward Davey, ministre britannique de l’Energie : « C’est un excellent deal pour l’Angleterre et les consommateurs. Pour la 1ère fois, une centrale nucléaire va être construite dans ce pays sans l’argent des contribuables ». En contrepartie, ces derniers devront payer 109 €/MWh l’électricité issue de Hinkley Point C. Un montant qui sera réduit à 105 €/MWh si le consortium valide la décision d’investissement sur Sizewell C. Un prix que le ministre estime compétitif par rapport aux autres sources d’énergie de taille comparable, renouvelables ou gaz, et ce alors que les prix de marché britannique oscillaient la semaine précédente entre 52 et 61 €/MWh…

Ce strike price élevé sera fixe pour les consommateurs ce qui signifie que si les prix de marché sont supérieurs à ce niveau, ils n’auront pas à payer plus. S’ils se situent en-dessous du prix d’exercice du CfD, l’exploitant recevra un paiement complémentaire. Ce contrat, d’une durée de 35 ans, est protégé d’éventuels changement législatifs et réglementaires qui pourraient impacter le taux de retour équitable du projet évalué par EDF à 10%. Le prix d’exercice sera par ailleurs indexé sur l’indice de référence britannique de la consommation.

Partenaires

Le principal projet énergétique outre-Manche sera mené par un consortium dirigé par EDF. La structure actionnariale encore en cours de définition serait la suivante :

– Groupe EDF : entre 45 et 50%,
– Areva : 10%
– CGN et CNNC : entre 30 et 40%
– Des discussions ont également lieu avec une sélection d’investisseurs intéressés par le projet dont la participation pourrait aller jusqu’à 15%.

Les contrats de fourniture ont également été finalisés. L’ingénierie civile sera réalisée par Bouygues TP/ Laing O’Rourke, les travaux maritimes par Costain, les turbines par Alstom et Areva se chargera de la chaudière nucléaire, les systèmes de contrôle-commande et des combustibles. Enfin, il est prévu que le projet soit éligible au programme de garantie d’investissement « Infrastructure UK ».

Vitrine du renouveau du nucléaire

Cet accord revêt une importance capitale pour le gouvernement britannique qui compte toujours sur le nucléaire pour lui fournir de l’énergie et réduire son empreinte carbone. L’accord avec EDF Energy doit rassurer les autres exploitants qui hésitent encore à investir dans l’atome en raison de l’inflation des coûts. RWE et E.ON qui ont créé la société Horizon Nuclear Power pour construire des réacteurs au Royaume-Uni, ont préféré finalement jeter l’éponge et ont céder leurs parts à Hitachi. L’autre consortium constitué de GDF Suez et Iberdrola, NuGeneration, a également du plomb dans l’aile et pourrait être racheté par Toshiba.

Partager