EDF traîne les pieds sur Fessenheim

2013-09-18T14:11:30+00:00

Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a expliqué au Journal du dimanche du 15 septembre que le dossier de fermeture de Fessenheim, qu’EDF doit déposer auprès du régulateur, était toujours incomplet. « EDF a engagé des premières études. Mais nous n’avons reçu ni dossier technique ni d’étude d’impact montrant qu’il maîtrise tout. Il ne faudrait pas que cela dure. Nos échanges avec EDF doivent démarrer dans les six prochains mois », a-t-il souligné.

Un long processus

Cette mise au point de l’ancien directeur de la DGEC s’explique par les délais relativement long de la procédure de fermeture d’une centrale nucléaire en France. Alors que le président François Hollande promettait la fermeture de la doyenne des centrales françaises pour fin 2016, il semble désormais acquis que cela soit impossible. Selon l’ASN un délai total de 5 ans est nécessaire pour mener à bien le processus administratif. Le dossier de fermeture à lui seul prendrait environ 2 ans toujours selon les estimations de l’ASN. S’en suit un délai de 3 ans maximum entre le dépôt du dossier et la publication du décret d’arrêt définitif. Même si EDF déposait un dossier parfaitement ficelé demain, ce qui est plus qu’improbable, la centrale ne pourrait être fermée avant la fin du quiquennat ce qui serait du plus mauvais effet pour ce qui constituait une des principales promesses de campagne du candidat Hollande. Il resterait au chef de l’Etat une porte de sortie : inscrire dans la future loi sur la transition énergétique, attendue en 2014, la possibilité pour l’Etat de fermer des centrales pour des raisons de politique énergétique alors qu’actuellement, seules des raisons de sûreté sont recevables.

Un démantèlement rapide

Pour Pierre-Franck Chevet, il est souhaitable que le démantèlement de la centrale « ne démarre pas plus de deux ans après l’arrêt ». « Si Fessenheim est stoppée fin 2016, le démantèlement doit débuter au plus tard fin 2018. Sachant que ce processus prend cinq ans, le délai est très serré. Il faut que les choses avancent très rapidement », a-t-il ajouté.

Le président socialiste de la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet, a récemment fustigé « ceux qui cherchent à gagner du temps » sur la question du nucléaire, comme le président d’EDF, Henri Proglio, l’accusant de ne pas être « pressé de mettre en oeuvre l’engagement » de François Hollande.

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