Exeltium obtient d’EDF une baisse des prix

2014-07-24T15:44:17+00:00

Les 27 industriels réunis au sein d’Exeltium ont réussi à obtenir le 21 juillet d’EDF une baisse du prix de l’électricité. C’est une victoire pour ce conglomérat d’entreprises energo-intensives qui dénonçait depuis des mois des conditions de marché plus favorables que les termes du contrat qui le lie à EDF depuis 2010. Cette décision intervient en plein débat sur la compétitivité de l’industrie française.

Contrat flexible

Les sites industriels d'Exeltium

Les sites industriels d’Exeltium

« Le consortium Exeltium et EDF se sont entendus sur un protocole d’accord pour aménager le contrat de fourniture d’électricité d’Exeltium et redonner ainsi de la compétitivité aux entreprises électro-intensives concernées, suite à la baisse forte et inattendue des prix de marché », confirme EDF dans un communiqué. Les industriels d’Exeltium, comme Air Liquide, Solvay, ArcelorMittal ou Total, déploraient que le prix qu’ils payaient était devenu supérieur tant aux prix du marché de gros de l’électricité qu’au prix de l’Arenh (42 euros par MWh) auquel EDF doit revendre le quart de son électricité nucléaire à ses concurrents. Une situation intenable pour des secteurs déjà fortement concurrencés par leurs homologues américains dopés au gaz de schiste.

Ce protocole prévoit dans un premier temps une baisse du prix payé au fil des livraisons, puis dans un deuxième temps, en compensation, une augmentation de ce prix en fonction de l’évolution du prix de marché de l’électricité. L’ensemble du mécanisme rend ainsi le contrat plus flexible et a été défini de manière à ne pas compromettre son équilibre économique global. Les autres paramètres (volumes livrés, options de sortie, partage du risque industriel) n’ont pas été modifiés. Le principe du contrat, validé dès l’origine par la Commission Européenne, reste inchangé : offrir une visibilité de long terme aux entreprises réunies dans le consortium, avec un prix compétitif sur l’ensemble de la période, tout en
permettant à EDF de partager une partie de ses coûts de production dans la durée, explique l’électricien national.

« Au-delà des cinq premières années, il y aura la possibilité d’augmenter le prix Exeltium si les prix de marché sont élevés », a précisé à l’AFP le président du consortium, Jean-Pierre Roncato, lors de la signature du protocole à Bercy. Le texte, qui doit encore recevoir l’aval des instances de gouvernance des parties, s’appliquera rétroactivement au 1er janvier 2014. Le nouveau prix n’a pas été dévoilé, mais « cet accord, à court terme, remet le contrat Exeltium dans le marché. Et aujourd’hui, vous avez des prix de marché de 42 à 43 euros » par MWh, a ajouté Jean-Pierre Roncato, saluant « une solution équilibréeL’ensemble du mécanisme rend ainsi le contrat plus flexible et a été défini de manière à ne pas compromettre son équilibre économique global », selon les signataires.

Les autres paramètres du contrat, comme sa durée de 24 ans et les volumes livrés (148 TWh), restent inchangés, de même que son principe : « offrir une visibilité de long terme aux entreprises réunies dans le consortium, avec un prix compétitif sur l’ensemble de la période »« La philosophie du contrat est maintenue », a confirmé le PDG d’EDF, Henri Proglio. « Ce contrat a été amendé de manière à tenir compte du désordre actuel du marché », provoqué selon lui par la politique énergétique des pays européens.

Outre l’approvisionnement, « il faut aussi traiter les autres maillons de la chaîne », comme le coût du transport de l’électron, a insisté Jean-Pierre Roncato. En l’espèce, le conglomérat a déjà obtenu début mai de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) une ristourne de 50% sur le Turpe (tarif d’utilisation des réseaux). La signature de ce protocole devrait par ailleurs faciliter le refinancement d’Exeltium, qui devrait s’adresser aux marchés financiers d’ici à la fin de l’année 2014, selon M. Roncato. Pour rappel, Exeltium regroupe depuis 2008 vingt-sept sociétés industrielles électro-intensives réparties sur une centaine de sites dans 18 régions de France. Ces entreprises qui totalisent 60 000 emplois, dont 28 000 directs, ont des activités dans des secteurs comme l’acier, l’aluminium, la chimie, les gaz industriels et le papier.

 

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