Feu vert aux forages exploratoires aux Canaries

2014-06-10T13:38:49+00:00

Le ministère espagnol de l’Environnement a approuvé la Déclaration d’impact environnemental (DIA) déposé par Repsol concernant sa campagne d’exploration d’hydrocarbures au large de l’archipel des Canaries. Ce feu vert autorise la compagnie pétrolière à commencer le processus d’évaluation qui doit confirmer ou non la présence d’hydrocarbures en quantité suffisante pour justifier une exploitation. Ce projet cristallise par ailleurs le débat qui agite l’Espagne sur l’exploitation de ses ressources fossiles et les compétences des communautés autonomes.

Protection et transparence

(c) Repsol

(c) Repsol

Dans sa communication, le ministère a tenu à insister sur les mesures promises par Repsol pour contrôler et réduire les nuisances lumineuses, sonores et liées aux forages. Le gouvernement se félicite par ailleurs de la grande transparence du promoteur qui a mis à disposition du public « une page web sur laquelle toutes les parties intéressées pourront suivre le projet en temps réel ». Madrid a reçu le soutien de l’Illustre Luis Suarez, président du Collège des géologues, qui a estimé que « la réglementation européenne était la plus exigeante au monde et que l’application stricte de ses normes assurera un risque environnemental bas ». Pour autant, les Canariens restent très majoritairement contre toute activité pétrolière au large de leurs côtes. Ils dénoncent, aux côtés des associations écologistes, les conséquences désastreuses qu’une fuite pourrait entraîner sur l’économie de l’archipel, essentiellement dopée par le Tourisme. Les deux seuls îles de Lanzarote et Fuerteventura, au large desquelles Repsol souhaite forer, ont accueillis l’année dernière 4,5 millions de visiteurs. Outre l’opposition locale, la bataille se joue également sur le terrain politique. Les mauvaises relations entre le président des Canaries, Paulino Rivero, et le ministre de l’Industrie, José Manuel Soria sont biens connus et l’annonce du ministère de l’Ecologie la veille du « Jour des Canaries » ne tient pas au hasard. La gouvernement canarien a introduit sept recours auprès du Tribunal Suprême (la plus haute juridiction outre-Pyrénées) qui doit statuer sur la capacité des communautés autonomes à s’opposer à ce genre de projets.

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