FID pour le méga projet Shah Deniz

2014-11-25T12:37:47+00:00

Les parties-prenantes qui développent le gisement gazier de Shah Deniz dans la Caspienne ont confirmé le 17 décembre la signature de la décision finale d’investissement (FID, en initiales anglaises) du projet. L’accord, qui représente au total 28 milliards de dollars d’investissements, a été signé à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, par les actionnaires du consortium, qui regroupe BP, la compagnie publique azerbaïdjanaise Socar, Statoil,Total et Loukoïl.

16 milliards de m3 par an

Plateforme de Shah Deniz (c) Statoil

Plateforme de Shah Deniz (c) Statoil

Le consortium envisage d’extraire 16 milliards de mètres cube de gaz par an du gisement, avec de premières livraisons de gaz attendues vers 2018 pour la Turquie et à partir de 2019 pour l’Europe. En septembre, des contrats à long terme ont été conclus avec neuf compagnies européennes, dont le groupe anglo-hollandais Shell, l’espagnol Gas Natural Fenosa, le français GDF Suez, l’allemand E.ON, ou encore les italiens Hera Trading et Enel.

Dans le cadre de cette décision, les partenaires du consortium ont procédé à une redistribution des participations. Statoil, qui détient actuellement 25,5% dans Shah Deniz, a annoncé la cession de 10% de ce gisement et des infrastructures qui y sont liées pour 1,45 milliard de dollars (1,05 milliard d’euros). Les acquéreurs sont Socar, qui en reprend 6,7%, et BP qui récupère le solde (3,3%). Par ailleurs, Socar et les autres actionnaires ont convenu de prolonger l’accord de partage de production sur le gisement jusqu’en 2048.

Diversification des approvisionnements

Carte des gazoducs reliant Shah Deniz à l'europe (c) BP

Carte des gazoducs reliant Shah Deniz à l’Europe (c) BP

Cette décision a une importance cruciale pour l’Union européenne car elle donne le coup d’envoi des projets d’expansion du gazoduc du Caucase du Sud à travers l’Azerbaïdjan et la Géorgie, de construction du gazoduc transanatolien (TANAP) et du gazoduc transadriatique (TAP) à travers la Grèce, l’Albanie et l’Italie.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé dans un communiqué de l’UE qu’il s’agissait d’une « étape majeure » dans la stratégie de l’UE de diversification de ses livraisons pour réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie. Le commissaire européen à l’Energie, Günther Oettinger, a quant à lui estimé qu’à terme, le Corridor du Sud permettrait de satisfaire 20% des besoins de l’UE.

« L’accord d’aujourd’hui changera la carte énergétique de l’Europe », s’est félicité lors de la cérémonie officielle le président azerbaïdjanais Ilham Aliev. Et de poursuivre : « Le gaz de l’Azerbaïdjan pourra maintenant atteindre le marché qui en a le plus besoin », rapporte l’AFP.

En juin, le consortium a choisi le projet de gazoduc TAP pour ses livraisons de gaz vers l’Europe en contournant la Russie, préférant ce projet à celui, concurrent, de Nabucco-Ouest dont le tracé était beaucoup plus long.

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