Fin de l’imbroglio Repsol/YPF

2013-11-28T12:39:24+00:00

Le Conseil d’administration de Repsol s’est prononcé le 27 novembre en faveur de la proposition d’accord du gouvernement argentin mettant ainsi fin au feuilleton concernant Yacimientos Petrolíferos Fiscales (YPF), nationalisé en avril 2012. Selon les termes de l’accord, le groupe espagnol recevra de Buenos Aires 5 milliards de dollars sous forme d’obligations d’Etat. Une compensation à mi-chemin des prétentions de deux parties mais qui a été reçue positivement par la Bourse qui a vu l’action de Repsol bondir de 11,4% a l’annonce de la voie de sortie.

Garanties

Si l’accord est globalement une bonne nouvelle pour le groupe espagnol, le diable se cache dans les détails. Ainsi, la compagnie dirigée par Antonio Brufau, a insisté pour que la somme finale soit exprimée en dollars et non en pesos, dont le cours est imprévisible. Le fait que la compensation soit convertie en obligations n’est pas vraiment du goût des dirigeants espagnols pour qui la dette argentine a perdu de sa crédibilité depuis la crise financière de 2000-2001. Néanmoins, d’autres litiges similaires entre des sociétés privées et le gouvernement argentin traînent depuis des années dans les institutions arbitrales internationales sans résultat. Pour Repsol, cet accord aura au moins l’avantage de solder un épisode douloureux de son histoire et de financer « d’importants projets en Bolivie, Russie, Espagne et Brésil », pays sur lesquels le groupe a depuis réorienté ses investissements.

Historique

YPFPour rappel, la nationalisation (et non l’expropriation puisqu’il y a eu dédommagement) de YPF a été le point final d’une relation pour le moins tumultueuse entre l’Etat argentin et le groupe espagnol. La compagnie pétrolière argentine a fait partie du grand plan de privatisation des années 90, mais ce n’est qu’en 1999 que Repsol acquiert YPF pour environ 13,4 milliards d’euros. L’opération propulse le groupe espagnol au rang de huitième producteur mondial de pétrole. Par la suite, les relations se dégradent, entre le gouvernement et la direction fortement critiquée pour sa gestion des réserves et la faiblesse des investissements dans le pays. Début 2012, l’affaire prend une tournure politique avec des déclarations publiques assassines de la présidente Cristina Kirchner. Quelques mois plus tard, elle fait voter une loi de nationalisation.

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