Fitch dégrade EDF

2013-07-03T15:29:01+00:00

L’agence française de notation Fitch a abaissé lundi de « stable » à « négative » la perspective d’évolution de la note d’EDF sur les marchés financiers. L’électricien pourrait ainsi perdre son « A+ » si les craintes sur l’avenir du groupe venaient à se confirmer. Fitch justifie cette décision par les surcoûts de l’EPR de Flamanville, le niveau élevé d’endettement et les sombres perspectives d’évolution des tarifs réglementés en France.

La main visible de l’Etat

L’opérateur historique doit relever un certain nombre de défis sur son parc nucléaire. L’extension de la durée de vie des centrales de l’Hexagone cumulée à la mise à niveau exigée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) suite au retour d’expérience de la catastrophe de Fukushima, va entraîner de très lourds investissements que le niveau actuel des tarifs réglementés ne saurait couvrir. L’agence de notation ne s’est pas risquée à donner une estimation financière de ces charges et EDF ne commente pas le chiffre de 50 milliards d’euros qui revient régulièrement dans les débats.

France: Civaux Nuclear Power PlantEt nonobstant la hausse programmée des tarifs réglementés, le compte n’y sera probablement pas : « S’il est largement admis que les tarifs réglementés français doivent être augmentés pour refléter l’augmentation des coûts (d’EDF) et financer des investissements supplémentaires dans son parc de production, la perspective traduit l’inquiétude de Fitch, qui est que la trajectoire des augmentations tarifaires pourrait ne pas suffire pour maintenir un niveau d’endettement conforme à la notation », explique l’agence.

Et pour cause, alors que la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) s’est prononcée en juin dernier pour augmenter les tarifs réglementés de l’électricité de 9,6% ou 6,8% (respectivement sans ou avec une hypothèse d’un allongement comptable de 10 ans de la durée d’amortissement des centrales nucléaires en 2013) dès cet été, puis d’environ 3,2% en 2014 et 2015, la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, s’est clairement prononcé contre de telles hausse pour « protéger le pouvoir d’achat des Français ».

L’impact du DNTE

Fitch estime par ailleurs que les conclusions du Débat National sur la Transition Energétique (DNTE) n’impacteront pas sensiblement l’électricien national. Si l’engagement de réduire à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique sera vraisemblablement maintenu, il devrait s’accompagner d’une extension de la durée de vie au-delà de 40 ans « pour beaucoup (mais pas toutes) les centrales françaises », un point déterminant pour la rentabilité à long terme du groupe dirigé par Henri Proglio.

En décembre dernier, l’agence de notation rivale Moody’s avait ouvert le feu en abaissant la première la note d’EDF, fixée à « Aa3 » tandis que Standard & Poor’s a quant à elle maintenu le A+ assortie d’une perspective stable.

 

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