GE sur le point de racheter Alstom ?

2014-04-28T16:22:36+00:00

La nouvelle a affolé les marchés. General Electric serait sur le point de conclure son plus gros deal : acquérir Alstom. Le groupe américain serait prêt à débourser 13 milliards de dollars pour racheter ce fleuron de l’industrie française, annonce nos confrères de Bloomberg. Les deux groupes, qui se refusent pour l’instant à tout commentaire, présentent en effet des synergies évidentes dans le secteur de l’énergie.

Miser sur l’industrie

Rotor de turbine à gaz GT26 (c) Alstom

Rotor de turbine à gaz GT26 (c) Alstom

La perspective d’un rapprochement de General Electric et Alstom n’a rien de saugrenue. Le Français a utilisé pendant de nombreuses années la technologie de l’Américain dans les turbines à gaz. Les deux groupes sont d’ailleurs des leaders mondiaux dans les équipements électriques. GE détiendrait ainsi pas moins de 42% du marché mondial des centrales à gaz. De son côté, Alstom est expert en turbines, notamment dans l’hydraulique où GE est absent. Autre synergie possible : l’éolien. Alors que l’Américain est leader dans le terrestre, Alstom, grâce à son partenariat avec EDF, est le premier industriel de l’éolien offshore français. Mais Alstom, ce n’est évidemment pas que de l’énergie. Fleuron de l’industrie française, le TGV, et d’une manière générale, la branche Transport d’Alstom, n’intéresserait pas GE. Selon des sources proches du dossier, cette division pourrait être cotée en bourse pour la faire sortir du périmètre de la transaction. Une solution privilégiée par l’Américain, et qui aurait l’avantage de réduire l’impact médiatique d’un tel rachat. Interrogé sur le sujet, le Premier ministre, Manuel Valls, est resté prudent expliquant qu’il resterait « attentif aux emplois, aux technologies et aux centres de décision ».

On the right time

L’appétit de GE pour Alstom n’est pas nouveau. Le groupe américain cherche en effet depuis la crise financière de 2008 à se renforcer dans le secteur de l’énergie. Sa filiale de services financiers GE Capital, jusqu’ici tête de proue, n’entre plus dans la stratégie de la compagnie qui devrait se séparer progressivement de ces actifs comme il a déjà commencé à le faire. C’est également le cas pour ses participations dans les médias. Ces cessions ont rapporter beaucoup de cash au groupe américain (16,7 mds $ juste pour NBC Universal) qui a retrouvé des marges de manoeuvre. General Electric mise à nouveau sur l’énergie sur le moyen terme et souhaite se consolider dans le secteur pour faire face à la montée de concurrents, asiatiques notamment. GE mise cette année sur une hausse de son chiffre d’affaire dans les équipements électriques de 14% et de 27% dans l’Oil&Gas ! A l’inverse, Alstom a été fragilisé par un marché européen en berne et a vu son action dévisser ces dernières années, laissant le groupe sous la menace d’un possible rachat. Son principal actionnaire (29,4% du capital), le groupe Bouygues pourrait être séduit par l’offre américaine. En effet, Martin Bouygues serait en recherche de liquidités pour se renforcer dans les télécoms suite à l’échec du rachat de SFR. Désormais « petit Poucet » du secteur, cette cession tomberait à point nommé. Affaire à suivre.

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