GRT Gaz met en garde contre un hiver compliqué

2013-11-12T10:03:04+00:00

GRT Gaz a prévenu le 7 novembre qu’en cas d’hiver rigoureux, le réseau pourrait ne pas suivre. En effet, comme l’avait déjà annoncé le gestionnaire de réseau de gaz en juillet dernier, le niveau de remplissage des stockages est moins élevé que les années précédentes ce qui pourrait faire défaut en cas de scenario dit du « 2% » (correspondant à une température de -11C° en moyenne sur toute la France pendant 3 jours consécutifs). De fait, Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz, a engagé les expéditeurs à avoir recours au minimum aux stockages souterrain en début d’hiver pour couvrir les périodes de froid susceptibles de survenir après février.

Déficit de 270 GWh/j

Dans son « Winter Outlook 2013-2014 », GRT gaz explique qu’en cas d’hiver rude, le déficit estimé sur le réseau atteindrait 270 GWh/j, à comparer avec les près de 3 500 GWh/j de consommation. La période de remplissage étant passée, le gestionnaire de réseau a mis en place un mécanisme d’auto-vigilance qui entrera en fonction le 20 novembre prochain. A l’instar du réseau autoroutier, GRT gaz mettra à disposition des expéditeurs une analyse quotidienne de la situation sur les 5 jours suivants. Un code couleur (vert tout va bien, jaune attention et rouge, risques importants) leur permettra d’anticiper les risques de congestion et d’agir en conséquence.

Si les congestions persistent, l’exploitant du réseau de gazoducs dispose d’un éventail de réponses gradué. Cela passera dans un premier temps par l’utilisation de stock en conduite et du contrat de flexibilité avec les stockeurs Storengy et dans une moindre mesure Elengy. Le GRT pourra également faire appel aux terminaux méthaniers voire arrêter les capacités interruptibles (environ 60 GWh/j) et réduire les capacités fermes. La règle exceptionnelle de l’équilibrage qui empêche tout opérateur d’avoir un solde négatif (même un peu) sera également appliquée prévient Thierry Trouvé. Cette mesure devrait faire l’objet d’une délibération de la Commission de régulation de l’énergie dans les prochains jours. Enfin, le Plan d’urgence gaz a été rafraîchi et précisé, notamment sur l’ordre de priorité des délestages. Cette option reste néanmoins celle d’ultime recours et, à part de rares situations localisées, n’a jamais été mise en oeuvre.

Vers un nouveau système

Le réseau français de gaz n’est pas le seul à se retrouver dans une situation tendue. Nos voisins européens se trouvent à des degrés divers eux aussi en difficultés. Et pour cause, le marché mondial du gaz a donné des signaux totalement contradictoires. Le spread entre les prix en hiver et en été a été quasiment nul, dissuadant les expéditeurs d’injecter dans les stockages souterrains. « L’obligation de service public n’a pas été conçue pour faire face à cette situation. Elle va devoir être revue pour préciser qui doit payer l’assurance d’un approvisionnement continu. La DGEC a lancé une consultation en septembre qui a pour objectif de trouver une solution à mettre en place dès mars prochain pour la période d’injection dans les stockages », indique Thierry Trouvé. En parallèle un nouveau système d’équilibrage euro-compatible devrait être introduit en 2015.

 

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