Halliburton envisage une OPA hostile sur Baker Hughes

2014-11-25T12:35:56+00:00

« Après un mois de discussions infructueuses, le numéro deux mondial des services à l’industrie pétrolière, l’américain Halliburton, envisage désormais de lancer une offre d’achat hostile sur son compatriote Baker Hughes », rapporte l’AFP dans une dépêche datée du 15 novembre. Le groupe basé à Houston (Texas) « a tapé du poing sur la table devant le refus du conseil d’administration de Baker Hughes d’accepter son offre non sollicitée et amicale dont les termes ne sont pas connus », selon un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi.

Halliburton a donné « les quatre prochaines heures à Baker Hughes pour se soumettre », révèle dans un courrier distinct le président-directeur général de ce dernier, Martin Craighead. En cas de refus, le géant des services pétroliers menace de renverser la totalité des membres du conseil d’administration lors de l’assemblée générale en avril prochain. Selon Martin Craighead, Halliburton veut « faire déposer des résolutions contre leur reconduction et mise sur les actionnaires potentiellement alléchés par un mariage sur fond de chute des prix du pétrole ». Selon l’entreprise, « le fait qu’Halliburton choisisse la coercition plutôt que la négociation (…) est inacceptable ».

Pour rappel, suite à la proposition de rapprochement faite par Halliburton, le 13 octobre dernier, à son compatriote, les deux groupes avaient entamé des discussions, notamment sur les obstacles concurrentiels. Baker Hughes avait alors estimé que « la proposition financière non révélée de son acheteur potentiel en l’état ne reflétait pas sa valeur et ses perspectives de croissance ».

Selon le communiqué d’Halliburton, le rapprochement des deux groupes « permettrait de dégager 2 milliards de dollars d’économies après cessions d’actifs pour obtenir le feu vert des régulateurs ». L’éventuelle fusion des deux entités « survient en pleine période de chute des prix du brut, tombés au plus bas depuis 2010, ce qui pourrait contraindre les groupes pétroliers à restreindre leurs programmes d’exploration pétrolière, avec un impact direct sur l’activité de leurs sous-traitants, comme Halliburton et Baker Hughes », analyse l’agence.

Dans ce contexte, les deux groupes devraient baisser leurs tarifs, ce qui entamerait leur rentabilité, estiment les analystes, cités par l’AFP, poursuivant : « La nouvelle entité Halliburton-Baker Hughes deviendrait le numéro un mondial des services pétroliers en termes de chiffre d’affaires, avec un peu plus de 57 milliards de dollars contre 49 milliards de dollars pour le groupe franco-américain Schlumberger« .

Cette concentration accélérée du secteur serait en revanche mal vue des par les autorités de la concurrence, notamment du département américain de la Justice, puisqu’elle donnerait naissance à un duopole. « Environ 80% du marché des services pétroliers les plus importants seraient entre les mains de deux entreprises, Schlumberger et Halliburton-Baker Hughes », a commenté Bank of America.

 

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