Halliburton et Baker Hugues renoncent à leur projet de fusion

2016-05-09T11:45:02+00:00

Bakken, North DakotaLes groupes Halliburton et Baker Hugues ont annoncé qu’ils renonçaient à leur projet de fusion initié en novembre 2014. Ce projet, qui prévoyait qu’Halliburton achète Baker Hugues pour 34,6 milliards de dollars, visait à créer le numéro un mondial des services pétroliers devançant ainsi le groupe Schlumberger. Au début du mois d’avril 2016, les autorités américaines s’étaient opposées à ce rapprochement qu’elles jugeaient contraire au maintien de la concurrence. 

« Les difficultés pour obtenir les autorisations réglementaires restantes et les conditions générales de l’industrie qui ont sévèrement dégradé les conditions économiques de l’accord nous ont conduit à la conclusion que la résiliation était le meilleur choix », a commenté Dave Lesar, le pdg d’Halliburton, cité dans un communiqué commun publié le 1er mai.

Annoncé en novembre 2014, ce projet de fusion avait pour objectif de détrôner le groupe franco-américain Schlumberger à la place de leader mondial des services pétroliers.

« La conclusion d’aujourd’hui est décevante en raison de notre forte croyance dans le potentiel du rapprochement de nos activités (…) pour les actionnaires, les clients et les employés des deux entreprises », a déclaré Martin Craighead, le pdg de Baker Hughes. « Ce fut une transaction mondiale extrêmement complexe et, finalement, aucune solution n’a pu être trouvée pour répondre aux préoccupations antitrust des autorités de régulation, tant aux États-Unis et à l’étranger ».

Malgré les discussions engagées avec les deux groupes pour mettre au point en plan de cession d’actifs, le département américain de la justice (DoJ) avait lancé au début du mois d’avril 2016 une procédure pour bloquer ce projet de fusion.

« Cette décision des entreprises d’abandonner cette opération, qui aurait laissé de nombreux marchés des services pétroliers au mains d’un duopole, est une victoire pour l’économie des Etats-Unis et pour tous les Américains », a déclaré Loretta Lynch, la ministre fédérale de la justice, dans un communiqué publié le 1er mai.

« Très peu de choses sont aussi importantes pour notre économie que le pétrole et le gaz » a indiqué son adjoint David Gelfand de la division antitrust du ministère de la Justice, dans le même document. « Mais la fusion de Halliburton et Baker Hughes aurait augmenté les prix, réduit la production et diminué l’innovation dans au moins 23 produits et services pétroliers essentiels à l’approvisionnement énergétique de la nation ».

De son côté, Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, a indiqué dans un communiqué publié le 2 mai, que « l’exploration et la production de pétrole et de gaz sont des secteurs clés pour assurer des prix concurrentiels de l’énergie pour les consommateurs et les entreprises à travers l’Union européenne ».

En janvier 2016, la Commission avait lancé des investigations « en profondeur » sur ce projet de fusion.

Comme convenu dans leur accord de fusion, Halliburton versera à Baker Hugues un dédit de 3,5 milliards de dollars.

Image : Statoil/Ole Jorgen Bratland

 

 

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