Imbroglio autour des exportations pétrolières

2013-08-20T09:15:58+00:00

Le Premier ministre libyen, Ali Zeidan Zeidan, a menacé la semaine dernière les agents de sécurité qui bloquent les terminaux pétroliers du pays de recourir à la force s’ils ne levaient pas dans les plus brefs délais le blocus sur plusieurs installations. Selon le Premier ministre, « un groupe des gardes des installations de pétrole de la région du Centre a décidé d’emmener des bateaux par leurs propres moyens pour exporter le pétrole à leur profit. Ce groupe a fermé ces derniers jours les terminaux pétroliers de Brega, Zueitina, Ras Lanouf et Sedra (est) et empêché les bateaux de charger leurs cargaisons conformément aux accords avec la Compagnie nationale de pétrole (NOC) », a-t-il dénoncé sur la télévision publique al-Wataniya.

1,6 milliard de pertes

D’après le ministre libyen du Pétrole et du Gaz, Abdel-Barri Arrousi, ces exportations illicites d’hydrocarbures représenteraient un manque à gagner de pas moins de 1,6 milliard de dollars depuis le 25 juillet dernier. Et le ministre de mettre en garde contre le risque de recours des compagnies pétrolières internationales pour rupture de contrats qui alourdirait encore un peu plus la douloureuse. « Cette situation a entamé la crédibilité de la Libye sur le marché mondial du pétrole. Certains clients se détournent de la Libye vers d’autres marchés pour s’approvisionner », a-t-il affirmé.

Tripoli semble décidé à ne pas laisser la situation perdurer et menace « tout bateau non lié par des contrats avec la Compagnie nationale de pétrole et qui s’approcherait des ports pétroliers sera bombardé par voie aérienne ou maritime ». Les agents de sécurité accusent quant à eux le nouveau gouvernement d’avoir commercialisé du brut en dehors des circuits habituels et d’en avoir tiré profit. Une commission composée de juges sera constituée afin d’enquêter sur le fondement de ces accusations, a indiqué Ali Zeidan Zeidan, en présence des ministres du Pétrole, de la Défense et des Affaires étrangères.

Plus de deux ans après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye, déchirée entre de nombreuses tribus rivales, peine à retrouver une stabilité politique. L’après-Khadafi se traduit par une course à la maîtrise des installations pétrolières. Avec 80% du PIB et jusqu’à 97 % des exportations du pays, la maîtrise des hydrocarbures est l’enjeu central des luttes de pouvoir. Avec une production de 700 000 barils par jour début août (330 000 b/j en juillet au plus fort de la contestation), Tripoli est encore bien loin des 1,6 million de barils extraits chaque jour avant le conflit.

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