Inauguration d’une unité de biodiesel avancé au Havre

2013-11-08T16:48:25+00:00

Le Groupement des Mousquetaires, via ses filiales SVA Jean Rozé et SCA Pétrole et dérivés, et Saria Industries, spécialisée dans la valorisation des coproduits et sous-produits agroalimentaires, ont inauguré Estener, « la première unité de production de biocarburant issu de graisses animales non alimentaires en France ». Localisée sur le site du Havre (Seine-Maritime) et employant 27 salariés, cette usine d’un coût de 40 millions d’euros est capable de produire 75 000 tonnes par an de biodiesel avancé (issu de déchets et résidus). « Cette unité utilise des résidus issus d’abattoirs et d’ateliers de découpe du groupement pour fabriquer ce biocarburant avancé », indique Michel Ortega, président du Pôle industriel des Mousquetaires. Le choix de s’implanter au Havre a été fait en raison des circuits logistiques courts que le port procure : accès maritime, et infrastructures pour accéder aux gisements de matières premières (méthanol, graisses provenant des élevages du grand ouest). Le procédé global possède un rendement très élevé, comme l’indique Pierre Buin, directeur de l’usine : « Pour un kilogramme de graisses, il est possible de produire 960 grammes de biodiesel, soit un rendement de 96 % de la filière de traitement ». Le produit affiche de meilleures performances environnementales par rapport au gazole. En effet, il permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 83 %, celles de monoxyde carbone de 10 à 12 %, et dégage moins de particules de suie en raison de sa provenance.

Sofiprotéol aussi

Cette inauguration fait suite à une autre annonce d’envergure dans le biodiesel. Sofiprotéol a créé début octobre avec Electrawinds, Akiolis et Mindest, une joint-venture nommé AD Biodiesel. La coentreprise détenue à 60 % par le groupe français, produira du biodiesel à partir de graisses animales et d’huiles alimentaires usagées. « Avec AD Biodiesel, Sofiprotéol, va entrer dans un nouveau type de biodiesel », s’est félicité Michel Boucly, directeur général adjoint de Sofiprotéol en charge de l’Engagement durable, de l’Innovation et de la Stratégie. Avec 80 000 tonnes annuelles de capacités issues de graisses animales, la nouvelle entreprise entend se positionner en tant que leader en France, alors que Michel Boucly estime les capacités totales françaises à 140 000 t/an permettent d’atteindre le plafond français d’incorporation de ce type de produit dans les biocarburants (fixé à 0,35%). Ces graisses animales seront raffinées sur le site d’Oostendeb (Belgique) d’Electrawinds puis envoyées sur le site Sofiprotéol de Venette (Oise) pour la production de biodiesel. Elle sera réalisée par l’unité d’estérification actuelle qui sera reconvertie pour accueillir cette nouvelle biomasse. Un investissement de 8 millions d’euros permettra cette reconversion. La reconversion de cette unité intervient alors que Sofiprotéol fait face à une surcapacité de production de biodiesel de première génération. « Les 17 emplois de l’unité qui va être convertie seront conservés pour la future production », a assuré Michel Boucly. La nouvelle unité devrait être opérationnelle en 2015. Néanmoins la production peut d’ores et déjà débuter, selon le dg adjoint de Sofiprotéol.

Aurélie Dureuil et Dinhill On

Partager