Instrumentation : La vision de Franck Bonnemazon, Global Pressure Sales Leader chez GE

2013-12-19T11:02:31+00:00

«  Au-delà des parts de marché, nous recherchons surtout les technologies innovantes»

 Franck Bonnemazon
Global Pressure Sales Leader, division Measurement & Control chez GE

 

PGI : Que représente l’activité d’instrumentation pour GE ?

Franck Bonnemazon : La division Measurement & Control est intégrée dans la filière Oil & Gas de GE. Le secteur pétrolier représente un peu plus de 50% du chiffre d’affaires, le reste étant principalement réparti entre le secteur de l’énergie au sens large, et l’aéronautique. Ce sont trois secteurs en forte croissance et dont les besoins d’instrumentation sont grandissants. L’année 2013 sera ainsi en croissance par rapport à 2012 même si elle n’est pas aussi forte qu’espérée. En 2012, le chiffre d’affaires de la division Measurement  & Control s’élevait à plus de 4,5 milliards de dollars.

PGI : Quels types de produits proposez-vous ?

FB : Nous disposons de multiples lignes de produits. L’offre est très variée et s’adresse à des marchés demandant une expertise spécifique. La division Measurement & Control propose des instruments de mesure de débit, de pression, d’humidité et d’analyse des gaz, etc. Nous proposons également des appareils de test, de contrôle non destructif, des systèmes de surveillance, diagnostic et régulation de machines tournantes ainsi que des vannes. Ils participent tous à protéger les installations pétrolières ou gazières et/ou à améliorer leur productivité.

PGI : Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

FB : Nos équipes s’intéressent aux mesures de pression pour les applications forages sous-marins. Nous offrons déjà à nos clients des solutions performantes mais nous développons des capteurs pour offrir une meilleure précision pour des pressions et températures encore plus élevées. Nous cherchons également à optimiser des produits existants. Ainsi, un des enjeux aujourd’hui est d’offrir des appareils multifonctions à nos clients pour leur permettre d’améliorer leur efficacité et réduire leurs coûts. C’est ce que nous avons fait avec le DPI 620 Genii qui cumule les fonctions de calibrateur de process multifonctions et communicateur Hart.

PGI : Quelle est votre stratégie de croissance ?

FB : Notre objectif est de proposer une solution globale à nos clients. C’est pourquoi depuis une dizaine d’années, nous réalisons des acquisitions ciblées. Le groupe cherche à acheter des sociétés, pas forcément de grande taille, mais qui ont une vraie plus-value. Au-delà des parts de marché, nous recherchons surtout les technologies innovantes que ces compagnies développent en propre. Une fois acquises, ces sociétés sont intégrées dans la division Measurement & Control en gardant leur image de marque car elles ont pour beaucoup une grande renommée dans leur domaine respectif. Cette stratégie nous a permis de nous hisser rapidement parmi les leaders du secteur et nous continuons à vouloir nous renforcer technologiquement sur des domaines où on est encore peu présents. Dernièrement, nous avons acquis la société norvégienne « Presens» très performante dans la mesure de pression pour les forages sous-marins. Les besoins en la matière sont très importants et GE se positionne comme leader sur ce marché.

PGI : Quelle est votre positionnement stratégique ?

FB : Nous communiquons beaucoup avec nos clients pour être sûr de répondre au mieux à leurs besoins. Nous cherchons à simplifier nos process pour être plus réactif. GE a l’ambition d’apporter une gamme de solutions très large comme tout grand groupe et dans le même temps, avoir la souplesse et la réactivité d’un petit industriel. Pour cela, nous réduisons autant que faire se peut le poids de l’administratif pour intervenir rapidement chez les clients. Nous essayons d’être le plus proche possible de nos clients dans la réparation et la maintenance de leurs équipements mais pas seulement. Nous les accompagnons dans leur demande de formation croissante et nous voulons combler les manques qu’il y a en la matière. La maintenance préventive reste aussi importante car l’arrêt d’un équipement dans le secteur de l’Oil & Gas coûte très cher à l’opérateur. Des outils ont été développés pour prédire avec précision l’usure des équipements et pouvoir ainsi intervenir avant qu’ils ne cèdent.

PGI : Comment voyez-vous le marché de l’instrumentation évoluer ?

FB : Je pense qu’il vaut mieux parler des marchés tant il est diversifié. Certaines technologies sont au stade de la maturité, d’autres moins.  Ainsi, la mesure de débit bénéficie de nombreuses technologies existantes et éprouvées (ultrasons, Coriolis, électromagnétique,  etc). Mais même pour ceux-là,  il y a toujours une marge de progression vers davantage de précision et donc un meilleur contrôle des process. Par ailleurs, l’exigence de qualité dans l’Oil & Gas peut se décliner dans d’autres industries. C’est le cas notamment pour les capteurs de mesure ou appareils de contrôle non-destructif et aussi bien utilisés sur une turbine à gaz que sur un avion.

PGI : Il n’y a donc pas de spécificité au pétrole ?

FB : Si naturellement ! Les opérations de forage en sont un bon exemple. Les « nouvelles frontières » (ultra profond, présalt, etc.) nous conduisent sans cesse à inventer de nouveaux produits car les conditions d’opérations sont de plus en plus difficiles. C’est le cas des capteurs de mesure sensibles aux fortes pressions et hautes températures. Si le choix des matériaux ne posent pas un problème majeur, en revanche, on travaille beaucoup sur la cellule de mesure qui va être pratiquement en contact avec les fluides. Une de nos récentes acquisitions « Presens » nous a notamment permis d’avancer dans ce domaine. D’autres technologies comme les capteurs de pression résonnant devraient garantir le niveau précision malgré les conditions de pression et températures. La technologie est là, le défi est désormais de l’industrialiser.

Propos recueillis par Romain Chicheportiche

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