Irak et Yémen victimes d’attaques d’oléoducs

2013-11-05T11:23:48+00:00

Un important oléoduc du nord de l’Irak a été l’objet d’une attaque le 2 novembre dans la province de Ninive, au nord, générant un arrêt du pompage du brut, ont annoncé des responsables de sécurité. Trois explosions ont eu lieu le long de cet oléoduc, qui court jusqu’au port turc de Ceyhan, selon deux responsables, précisant à l’AFP qu’aucun blessé n’a été déclaré. Un responsable de l’entreprise publique North Oil Co à Kirkouk a déclaré que la suspension du pompage était due à un défaut technique, qui était en train d’être réparé samedi dans l’après-midi, afin que le pompage puisse reprendre dimanche. Des insurgés attaquent fréquemment cet oléoduc, qui transporte une grande partie du pétrole irakien à destination de l’international.

L’Irak dépend énormément des ventes de brut, qui représentent 95% des revenus du gouvernement et près de deux tiers du PIB. Bagdad espère augmenter la production dans les années à venir. Le pays a exporté 62,1 millions de barils de pétrole en septembre, soit environ 2,07 millions de barils par jour (bj), a indiqué le 27 octobre le porte-parole du ministère, Assem Jihad, le chiffre le plus bas depuis février 2012. Les responsables irakiens souhaitent que la production atteigne 9 millions de barils par jour d’ici à 2017, un objectif trop optimiste selon le Fonds monétaire international (FMI) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Le Yémen aussi

Un attentat du même acabit a eu lieu deux jours plus tard au Yémen. Des hommes armés ont fait exploser un oléoduc dans la province de Chabwa, dans le sud du pays, provoquant un arrêt du pompage du brut, a indiqué une source au sein des services de sécurité. Cette dernière a ajouté que l’attaque avait eu lieu à l’aube à Al-Saïd, une localité de Chabwa. L’oléoduc, géré par une compagnie pétrolière sud-coréenne, relie les champs pétrolifères de Iyadh, à l’est d’Ataq, chef-lieu de Chabwa, à Al-Nachima, une localité près du terminal de Belhaf, sur le Golfe d’Aden. Il pompe 8 000 barils par jour.

Les attaques contre les gazoducs et oléoducs sont fréquentes au Yémen, où la population, à structure tribale, est fortement armée. Le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a une petite production de pétrole et compte sur ses exportations de brut pour alimenter le budget de l’Etat, alors que les crises politiques et l’insécurité ont porté son économie au bord de l’effondrement.

La production pétrolière est tombée à 321 000 barils par jour (bj) en 2012 du fait des sabotages, a indiqué début août le FMI. Elle devrait se redresser en 2013 à 406 000 bj, a estimé le fonds dans son évaluation annuelle de l’économie du Yémen. Pour la seule année 2012, les autorités ont estimé le manque à gagner à 1 milliard de dollars en raison des sabotages réguliers de l’oléoduc, qui ont fait baisser de 4,5% les exportations de pétrole.

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