La Chine veut sauvegarder ses exportations solaires

2013-07-09T17:19:51+00:00

La presse chinoise s’est fait l’écho le week-end dernier des dernières tractations entre l’Union européenne et la Chine concernant le commerce de panneaux photovoltaïques. Soupçonné par Bruxelles de dumping actif, l’Empire du Milieu, après avoir menacé de guerre commerciale notamment sur les vins européens, joue désormais la carte du compromis. Beijing aurait ainsi proposé d’instaurer un plafond de 10 gigawatts (GW) par an au-delà duquel il ne pourrait plus exporter vers le Vieux Continent. Un système de quotas qui rappelle les dispositions prises un temps sur le textile chinois puis finalement abandonnées en 2005 au nom de la libre concurrence.

Tax free

Ce changement d’attitude des dirigeants chinois peut s’expliquer par la montée en puissance des mesures de rétorsions adoptées dans la douleur par l’Union. Depuis le mois dernier, les panneaux chinois sont taxés à hauteur de 11,8%, et le seront à 47% au mois d’août si aucun accord n’est trouvé entre les parties. On comprend ainsi mieux l’empressement chinois à trouver une solution avec son premier client. Pour mémoire, la Chine a exporté l’année dernière 12 GW solaires vers l’UE, soit 60% de sa production nationale. En échange de ce quota, Beijing demande que les 12 GW ne soit pas ou très faiblement taxés. Selon le Shangaï Securities News citant Wang Sicheng, un haut responsable de la Commission Nationale d’Etat pour le Développement et la Réforme (NDRC), la plus haute instance de supervision économique chinoise, Pékin proposerait également de fixer un prix minimum de 0,5 euro par watt solaire pour répondre aux accusations de vente à pertes, interdites par les conventions commerciales internationales.

Stratégie perdante/gagnante

Cette main tendue par les hauts dignitaires chinois aurait pu marquer la victoire de la diplomatie économique de l’Union si celle-ci ne venait pas si tard. Car les taxes imposées aux panneaux photovoltaïques chinois sont bien plus faibles que celles décidées par les Etats-Unis par exemple. Et surtout elles arrivent bien trop tard pour remettre sur pied le secteur européen de l’énergie solaire, dévasté par les effets combinés des politiques d’austérité et de la concurrence chinoise. Pour Pékin, l’objectif premier, qui était d’imposer ses entreprises sur ce marché naissant, est pleinement rempli. Son nouveau défi est de faire perdurer la demande de panneaux pour consolider la filière. Un plan est en cours d’élaboration pour que la demande intérieure prenne progressivement le relais des exportations, jusqu’ici moteur de la croissance. Le pays prévoit de se doter d’un parc solaire de 100 GW en 2020 et 1 000 GW en 2050.

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