La Commission veut des stress tests pour le gaz

2014-06-03T10:58:53+00:00

La Commission européenne a publié le 28 mai une étude sur la sécurité d’approvisionnement énergétique de l’Union. Commandé par l’Exécutif européen à la suite des tensions entre l’Ukraine et la Russie, ce rapport de 200 pages ne brille pas par l’originalité de ses propositions. Seule « nouveauté », à l’image de ce qui avait été fait suite à l’accident de Fukushima, des tests de résistance du système gazier européen devront être organisés pour évaluer le risque de rupture d’approvisionnement.

Stress tests

Günther Oettinger, commissaire européen à l'Energie (c) UE

Günther Oettinger, commissaire européen à l’Energie (c) UE

La Commission veut profiter de l’été pour réaliser des stress tests et évaluer ainsi sa dépendance énergétique envers l’étranger. « L’objectif sera de vérifier comment le système peut faire face aux risques liés à la sécurité de l’approvisionnement et, sur cette base, d’établir des plans d’urgence et de créer des mécanismes de secours », précise la Commission. Ces mesures pourraient inclure l’accroissement des stocks de gaz, la réduction de la demande moyennant l’utilisation de combustibles de substitution (notamment pour le chauffage), la mise en place d’infrastructures de secours, par exemple la satisfaction des besoins en matière de flux rebours, et la mise en commun d’une partie des stocks de sécurité existants. La CE veut en clair institutionnaliser une solidarité entre pays qui existait déjà sans être vraiment formalisée. José Manuel Barroso, qui termine son mandat de président de la Commission, présentera ces dispositions aux chefs d’État et de gouvernement lors du Conseil européen qui se tiendra  les 26 et 27 juin prochains.

Ces mesures ont vocation à prémunir l’Union d’une coupure d’approvisionnement à court terme (l’hiver prochain). Sa stratégie de long terme ne diffère en revanche pas. Elle s’articule autour de 7 axes :

Achever le marché intérieur de l’énergie et construire les maillons manquants dans les infrastructures. La Commission a recensé 33 projets d’infrastructures critiques pour la sécurité énergétique de l’UE. En outre, elle propose de porter l’objectif en matière d’interconnexion de la capacité de production d’électricité installée à 15 % d’ici à 2030, tout en tenant compte des aspects de coût et des possibilités d’échanges commerciaux dans les régions en question (les États membres se sont déjà engagés à assurer un taux d’interconnexion de 10 % d’ici à 2020).
– Diversifier les pays fournisseurs et les voies d’acheminement,
– Renforcer les mécanismes d’urgence et de solidarité et protéger les infrastructures critiques,
– Renforcer la production énergétique indigène: il s’agit d’intensifier l’utilisation des sources d’énergie renouvelables et de veiller à la pérennité de la production des combustibles fossiles. Les hydrocarbures de roche-mère sont mentionnés, tout comme les nécessaires impératifs environnementaux,
– Améliorer la coordination des politiques énergétiques nationales et parler d’une seule voix à l’extérieur en matière de politique énergétique. La Commission souhaite être associée dès le départ aux négociations des accords intergouvernementaux envisagés avec des pays tiers lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir une incidence sur la sécurité de l’approvisionnement,
– Progresser dans la mise au point de technologies énergétiques,
– Renforcer l’efficacité énergétique. Le secteur des bâtiments joue un rôle crucial, car ces derniers représentent 40 % de la consommation d’énergie dans l’UE et un tiers de celle de gaz naturel.

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