La compétitivité s’installe dans le débat

2013-05-21T11:48:26+00:00

Les industriels le réclament depuis le lancement du débat national sur la transition énergétique (DNTE). La nécessaire transition énergétique ne doit pas affaiblir la compétitivité des entreprises, faute de quoi elle ne pourrait que conduire à l’échec. Tel était le message principal à retenir du colloque « Défis énergétiques & Compétitivité des entreprises », organisé vendredi 17 mai par le Cercle de l’Industrie, l’AFEP et nos confrères du Monde.

La donne a changé

François Brottes, député socialiste de l’Isère, a assuré aux représentants de l’Industrie que sa vision de la transition énergétique comprenait un accompagnement des électro-intensifs : « Nous devons veiller comme à la prunelle de nos yeux sur eux car au-delà de ces filières, c’est une grosse partie du tissu industriel qui en dépend ». Et pour cause, l’augmentation fulgurante de la production d’hydrocarbures aux Etats-Unis a considérablement avantagé les industries américaines. Bruno Lafont, pdg de Lafarge, résume sa pensée : « En Asie l’énergie est chère mais pas le coût du travail. Aux Etats-Unis, les coûts du travail sont élevés mais l’énergie est devenu bon marché. En Europe l’énergie est chère et les coûts du travail aussi ».

Gérard Mestrallet, qui a profité de l’occasion pour annoncer la signature d’un partenariat pour la construction d’une usine de liquéfaction aux Etats-Unis, s’est montré très pessimiste sur l’activité en Europe. « Après 60 ans de hausse, la demande d’énergie en Europe baisse depuis 2008. Je crois cette tendance structurelle », a-t-il énoncé expliquant qu’avec des économies d’énergies de seulement 1 ou 2% par an, il faudrait une croissance du PIB comprise entre 2 et 3%… Et le patron de GDF Suez de constater le « triple échec » de la politique énergétique européenne en référence aux 3×20. « Il n’y a plus de signal carbone en Europe, les émissions ne feront qu’augmenter chez nous alors qu’aux Etats-Unis, elles baissent grâce aux gaz de schiste qu’ils substituent au charbon dans les centrales électriques. »

Face à ces attaques, Eric Mamer, chef de cabinet du Günther Oettinger, avait la tâche ardue de défendre l’Union européenne. Il a annoncé que la « Sainte-Trinité » à Bruxelles était désormais : « Lutte contre le changement climatique, compétitivité et sécurité d’approvisionnement ». Et de rappeler qu’un livre vert a été créé en mars dernier par la Commission pour impliquer le milieu industriel.

Partager