La justice italienne accélère sur l’affaire Bedjaoui

2013-08-09T11:59:50+00:00

Le parquet de Milan a lancé un mandat d’arrêt international à l’encontre de Farid Bedjaoui, soupçonné d’être l’homme clé dans le scandale de corruption qui touche Eni en Algérie. Selon le quotidien El Corriere della Sera, la justice tenterait de saisir quelque 123 millions de dollars déposés par le suspect dans des banques asiatiques (Hong Kong et Singapour notamment). Ces sommes auraient été destinées à de hauts responsables algériens pour obtenir des contrats d’une valeur totale de 8 milliards d’euros auprès de la Sonatrach.

Démissions en chaîne

Dans cette affaire, la société italienne d’ingénierie et exploration pétrolière Saipem, filiale d’Eni, est soupçonnée d’avoir versé jusqu’en 2009 des pots-de-vin à la Sonatrach, le groupe public algérien dont plusieurs dirigeants avaient finalement été limogés. Le patron de Saipem, Pietro Tali, a lui aussi dû démissionner en décembre dernier à la suite de cette affaire, tandis que le groupe a également suspendu « à titre préventif » Pietro Varone, responsable de la division ingénierie et construction, et un autre manager, indique l’AFP.

Pietro Varone, considéré comme la cheville ouvrière de cette opération de corruption, a été arrêté en grand secret le 28 juillet dernier, le jour même où le parquet de Milan lançait le mandat d’arrêt contre Farid Bedjaoui. Ce dernier, basé à Dubaï et ayant un passeport français, était considéré comme le bras droit de l’ex-ministre algérien de l’Energie, le controversé Chakib Khelil, démis de ses fonctions fin mai 2010 après avoir occupé le portefeuille de l’énergie durant dix ans, en raison d’accusations de corruption touchant son équipe.

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