La position de Bruxelles relance le débat en France

2014-01-29T10:50:38+00:00

Cela faisait déjà six mois que les deux ministres ne s’étaient pas ouvertement opposés l’un à l’autre, la communication de la Commission européenne sur la réglementation de la fracturation hydraulique leur en a donné l’occasion. Les recommandations non-contraignantes de l’Exécutif européen, publiées le 22 janvier dernier (voir ici), ont ainsi relancé le débat par médias interposés entre Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, favorable à l’exploitation des gaz de schiste, et Philippe Martin, ministre de l’Energie, garant du moratoire sur la fracturation hydraulique.

Convaincre le Président 

Arnaud Montebourg a réagi le 24 janvier à la position européenne en affirmant qu’il cherchait « à convaincre » François Hollande « d’avancer sur la recherche » de techniques « propres » pour « l’exploitation écologique » des hydrocarbures de roche-mère. Ce n’est pas la première fois que le ministre du Redressement productif tente de faire avancer le dossier. En juillet dernier, il s’était déjà prononcé pour la création d’une société publique pour mener ces travaux mais s’était heurté à une levée de bouclier de l’équipe gouvernementale.

Interrogé sur les déclarations d’Arnaud Montebourg dimanche sur Europe 1, Christophe de Margerie, pdg de total, s’est félicité de la sortie du ministre : « Le ministre de l’Industrie dit des choses que je trouve pas mauvaises (…) c’est bien qui l’ai dit ». Et de regretter : « On a en France des difficultés à s’expliquer, à s’exprimer, à dialoguer. C’est pas nouveau ». Une incompréhension qui s’était à nouveau fait jour lors de l’audition du patron de Total à l’Assemblée nationale. Christophe de Margerie a néanmoins renouvelé son espoir que la première expérience en Grande-Bretagne puisse faire changer d’avis les autorités françaises.

De son côté, Philippe Martin, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, a vivement réagi : « Je profite de l’occasion pour dire à ceux qui, sempiternellement, reviennent à la charge pour essayer de me convaincre qu’il conviendrait d’extraire encore les hydrocarbures fossiles, enserrés dans de l’argile très dure, avec des moyens impactants pour l’environnement, que non, ça n’est pas la bonne direction ». Et de conclure : « Il y a une ligne du gouvernement qui est celle que je rappelle et que je rappellerai chaque fois ».

 

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