La success story OGX tourne au désastre

2013-11-05T10:03:40+00:00

La compagnie pétrolière OGX, dirigée par le milliardaire brésilien Eike Batista, a demandé le 31 octobre au soir auprès d’un tribunal de Rio de Janeiro sa mise en redressement judiciaire suite à l’échec des négociations avec ses créanciers. L’agence de notation Moody’s a été la première à réagir en dégradant OGX. L’action de l’entreprise, qui a été exclue de la Bourse de Rio (Ibovespa) suite à l’annonce, ne valait plus que 0,13 real (0,04 €) contre 23 reais (7,5 €) en 2010. Ce « jeudi noir » pour l’homme qui était le plus riche du Brésil met fin à une success story aussi éphémère que spéculative.

Une bulle

Eike Batista (DR)

Eike Batista (DR)

OGX a été créé en 2007 et a rapidement séduit les marchés financiers grâce au pouvoir de persuasion de l’homme d’affaires Eike Batista et du grand potentiel pétrolier des côtes brésiliennes. La compagnie a ainsi capté pas moins de 3,6 milliards de dollars d’investissements étrangers et a bénéficié d’un prêt de 5 milliards de dollars de la Banque nationale publique de développement économique et sociale (BNDES). Mais malgré des investissements massifs, estimés à 3 mds $, dans des concessions offshore (bassin de Santos) et onshore (Colombia), la production de la compagnie s’est avérée très inférieure à ce qui était attendu. La réussite de ce genre d’entreprise étant intimement liée à des résultats rapides, les marchés n’ont pas tardé à se retourner contre leur ancien poulain et son emblématique patron. Comme le prévoit la loi, OGX dispose maintenant de 60 jours pour présenter un plan de restructuration et les créanciers, de leur côté, ont 30 jours pour se manifester. Ils se réuniront ensuite en assemblée pour valider ou non le plan.

La roue a donc tourné pour Eike Batista qui se voyait il y a quelques mois encore comme le futur homme le plus riche du monde. Celui qui ajoutait la lettre « X » à chacune de ses entreprises pour « multiplier ses bénéfices » n’aura pas gagner son pari. Pire, la fortune personnelle de ce magnat de l’industrie serait passée de 30 milliards à 900 millions de dollars en l’espace d’un an. Et les ennuis ne font que commencer car le défaut de OGX pourrait mettre en danger l’ensemble de son groupe : EBX.

Cessions en casacade

L’onde de choc du défaut de paiement d’OGX a naturellement mis en danger le groupe dans son ensemble. Pour maintenir la confiance des investisseurs, Eike Batista a commencé à se séparer, il y a un an, d’actifs « non-essentiels » : un hélicoptère, trois jets privés, l’hôtel Gloria de Rio de Janeiro, et un yacht. Mais la vente de ces jouets n’a fait qu’attirer l’attention sur la gestion dispendieuse de l’homme d’affaires brésilien. Quelques jours avant la demande de redressement judiciaire, plusieurs actifs importants ont été cédés pour renflouer la trésorerie du groupe. Le 1er novembre, la compagnie minière MMX était vendue, pour un montant non communiqué, aux chiliens Inversiones Cooper Mining. La veille, OGX Maranahao était racheté 90 millions de dollars par Eneva (contrôlée par E.ON) et Cambuhy Investissements. Enfin, le groupe turc Yildirim Holding a acquis ses actifs miniers en Colombie pour 450 millions de dollars. A noter que plusieurs compagnies parapétrolières (GE, Schlumberger Diamond offshore) détiennent des créances auprès d’OGX dont le montant cumulé est évalué à 550 millions de dollars.

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