La taxation du diesel divise le gouvernement

2013-09-16T11:43:49+00:00

Décidemment, la cohabitation politique avec Europe Ecologie Les Verts (EELV) ne facilite pas la communication gouvernementale, déjà au plus mal. Mercredi 11 septembre, le ministre de l’Ecologie du Développement Durable et de l’Energie, Philippe Martin, et celui chargé des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, ont affirmé concomitamment que la piste d’une hausse de la taxation du diesel, réclamée par les écologistes, avait été « abandonnée » par le gouvernement dans le projet de budget 2014. Réaction immédiate des députés d’EELV qui menacent de ne plus voter le budget. Rétropédalage de Philippe Martin quelques heures plus tard, assisté de Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve, ministres respectivement de l’Economie et du Budget qui affirment que la question n’est pas encore tranchée…

Fiscalité écologique

Au-delà des difficultés du gouvernement a parler d’une seule voix, la question de la taxation du diesel renvoie à la problématique de la fiscalité écologique. Europe Ecologie Les Verts l’appelle de ses voeux et vise notamment le diesel en raison de son impact sur la santé. Interrogé par l’AFP, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot a déploré : « le débat, c’est encore : « est-ce que les écologistes partent ou pas (du gouvernement) », alors qu’il devrait être : « est-ce que la fiscalité écologique est un atout ? ». On en fait un enjeu de coalition politique, et pas un enjeu pour l’économie et l’environnement ».

Mais la problématique pour l’Exécutif est tout autre. Alors que le concept de « ras-le-bol fiscal » gagne du terrain, largement relayé par les médias, le gouvernement est de plus en plus tenté d’adopter une « pause fiscale »  pour ne pas être associé à l’image de matraquage fiscal. D’où les déclarations à répétition pour convaincre que la contribution climat-énergie qui devrait être introduite dans le prochain budget n’est pas une taxe supplémentaire mais une réorientation de la fiscalité. Pour le président UMP de la commission des Finances du Sénat, Philippe Marini, la « pause fiscale est une habileté de communication qui peut devenir un piège, parce que dans la réalité des choses, on part de mesures déjà décidées et que nos concitoyens vont ressentir, comme l’augmentation de la TVA ».

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