L’Académie des sciences veut une évaluaion raisonnée

2013-11-22T15:06:49+00:00

L’Académie des sciences a rendu public le 21 novembre son avis sur l’exploration et l’éventuelle exploitation des gaz de schiste en France. Soucieux d’apporter un regard scientifique sur la question, l’Académie fait état dans un premier temps des risques associés à l’extraction des gaz de roche-mère : pollution des nappes phréatiques, défaut d’étanchéité des tubages, prélèvements des ressources en eau, effet de serre et nuisance diverses. L’Académie estime que si ces risques sont réels, ils peuvent être contrôlés et réduit par une législation adaptée. Et d’ajouter : « Selon le Comité de prospective en énergie, l’étape d’exploration, si elle est menée selon des règles précises et contrôlées, n’a pas d’impact environnemental significatif.

9 recommandations

Force de propositions, l’Académie des sciences défend la création d’une Autorité
scientifique indépendante pour encadrer la recherche nécessaire à l’amélioration des techniques. C’est l’une des 9 recommandations que comporte l’avis :

1. Lancer un effort de recherche, impliquant aussi bien les laboratoires universitaires que ceux des grands organismes, sur toutes les questions scientifiques posées par l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste.
2. Préparer l’exploration en utilisant les connaissances géologiques, géophysiques et géochimiques déjà acquises ou archivées et solliciter les géologues pour travailler à une évaluation des réserves.
3. Réaliser des études et des expériences visant à évaluer et réduire l’impact environnemental d’une éventuelle exploitation.
4. Mettre en place une autorité scientifique, indépendante et pluridisciplinaire de suivi des actions engagées pour l’évaluation des ressources et des méthodes d’exploitation.
5. Traiter des problèmes de gestion des eaux, qui est un aspect majeur de l’exploitation des gaz de schiste.
6. Prévoir un suivi environnemental (monitoring) avant, pendant et après l’exploitation.
7. Travailler sur les méthodes qui pourraient remplacer la fracturation hydraulique mais aussi sur les procédés permettant d’améliorer celle-ci.
8. Traiter des problèmes d’étanchéité à long terme des forages d’exploitation en initiant un programme de recherche qui devrait conduire à l’élaboration d’une réglementation adaptée.
9. Procéder à des tests en vraie grandeur dans des conditions respectant la décision en vigueur, c’est-à-dire sans fracturation hydraulique, dans des zones déjà fracturées de vieux bassins charbonniers, pour mieux évaluer la ressource et maximiser le rendement de son exploitation.

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