L’ATEE sort son livre blanc

2014-05-20T09:27:06+00:00

Le club biogaz de l’Association technique de l’énergie et de l’environnement (ATEE) a rendu public le 19 mai son livre blanc contenant 50 propositions pour la filière renouvelable. « Nous accusons un retard par rapport à certains pays du nord de l’Europe notamment, mais nous sommes sur la bonne voie. Nous avons aujourd’hui besoin de visibilité et d’adapter les mécanismes de soutien », explique à PGI Antoine Jacob, président du club biogaz de l’ATEE. L’association espère que ses propositions seront reprises dans le texte de loi sur la transition énergétique qui devrait être déposé au Parlement dans les prochaines semaines.

Restructurer les tarifs d’achat

(c) Club biogaz ATEE

(c) Club biogaz ATEE

A l’instar du solaire ou de l’éolien, les installations de biogaz bénéficient, depuis 2006, également d’un soutien financier de la collectivité pour amorcer la filière. A la différence près que ce soutien est composé d’un tarif d’achat complété d’une subvention qui varie selon des critères définis. « Ce système est sensé réduire les effets d’aubaine que l’on a pu observer dans d’autres filières. L’attribution, ou non, de cette subvention conditionne la rentabilité des projets et donc leur nombre », indique Antoine Jacob qui ne souhaite pas la remettre en cause. En revanche le club biogaz propose de restructurer les tarifs en supprimant le critère de taille des installations de méthanisation hormis pour les petits sites. « Nous avons réalisé une étude qui a montré que les effets d’échelle étaient en réalité très limité et ne justifiait pas une telle dégressivité dans les tarifs d’achat », affirme-t-il. Et le président du club de proposer d’augmenter la prime aux effluents d’élevage pour rendre le système encore plus vertueux. La suppression de la dégressivité ne va-t-elle pas favorisée le développement de projets du type « la ferme des 1 000 vaches » ? Antoine Jacob ne le pense pas, même si cette histoire, il l’admet, « a fait beaucoup de mal à la filière ». « La France aura besoin de gros projets pour atteindre ses objectifs. Il faut définir avant les schémas de production que l’on accepte, et ceux que l’on refuse », conclue-t-il. Les autres propositions sont communes aux autres filières d’énergies renouvelables : sécuriser l’accès aux prêts bancaires, subventionner la R&D, simplifier les procédures administratives, créer un guichet unique. Enfin, l’ATEE souhaite mettre en avant l’usage du biogaz comme une alternative aux carburants automobiles : le bioGNV.

Le biogaz en France

La France comptait 389 unités de biogaz installées fin 2013. Selon des données transmises par GrDF,  quelque 360 projets seraient actuellement en développement. Sur les 389 installations valorisant le biogaz : 140 sont issues de méthanisation agricole, 18 d’installations territoriales, 80 d’ISDND (installations de stockage de déchets non dangereux, ou décharges), 60 stations d’épuration d’eaux usées urbaines, 80 installations industrielles et 11 installations de méthanisation des ordures ménagères. Le délai moyen de réalisation des projets est estimé par la profession entre 3 à 5 ans pour un coût de production variant entre 100 et 180 €/MWh. La filière représenterait un chiffre d’affaires (2012) de 290 millions d’euros pour plus de 1 700 emplois directs identifiés en 2013, dont un tiers sur les sites de production de biogaz. Selon l’ATEE, le bio gaz pourrait apporter entre 100 à 157 TWh/an d’énergie primaire contre seulement 4,1 TWh en 2011.

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