Le chef du SPD prend en charge la transition énergétique allemande

2013-12-18T10:56:12+00:00

Près de trois mois après les élections législatives allemandes la CDU/CSU et le SPD ont trouvé le 15 décembre un accord de coalition droite/gauche pour gouverner le pays pour les quatre prochaines années. Le chef des sociaux-démocrates, Sigmar Gabriel, hérite d’un grand ministère de l’Economie et de l’Energie, ainsi que le titre honorifique de vice-chancelier. A ce titre, il aura la charge de conduire « l’Energiewende », la transition énergétique allemande. Angela Merkel conserve de son côté les rennes de la politique économique allemande et de l’orthodoxie financière, personnifiée par Wolfgang Schäuble, reconduit au poste de ministre des Finances. L’Allemagne réitère ainsi l’expérience de « grande coalition » qu’elle avait déjà pratiquée entre 2005 et 2009.

Energiewende

Sigmar Gabriel aura donc la lourde tâche de conduire la transition énergétique allemande initiée sous l’ancien gouvernement. L’abandon progressif de l’énergie nucléaire a été confirmé ainsi que le moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique. Les objectifs en matière d’énergies renouvelables (ENR) ont été revus à la baisse mais restent ambitieux : 40-45% en 2025 et 55-60% en 2035. Les mécanismes de soutien aux ENR seront en revanche revus pour tenter de réduire le surcoût pour les consommateurs allemands. Les avantages fiscaux seront ainsi réduits pour l’installation d’éoliennes dans les régions qui en disposent déjà d’un nombre important. Les subventions au photovoltaïque devraient quant à elles être maintenues. La loi sur les énergies renouvelables devrait être modifiée en ce sens avant l’été 2014. Sigmar Gabriel devra également s’atteler à trouver les financements pour les lourds investissements dans les infrastructures de transport d’électricité.

Salaire minimum

Si la conduite de l’Energiewende était un symbole important pour le SPD, la victoire des sociaux-démocrates allemands réside essentiellement dans les concessions sociales obtenues par le parti de Sigmar Gabriel. La première d’entre elles est la création d’un « SMIC » allemand de 8,50 euros à partir de 2017. C’était la principale promesse de campagne du SPD et le principal point de divergence entre Gauche et Droite. Les contrats à durée déterminée seront limités à 18 mois. La hausse des petites retraites et un mécanisme de limitation de hausse des loyers sont également au programme du la nouvelle grande coalition.

Orthodoxie financière

Si le SPD a obtenu satisfaction sur les principaux points de son programme national, la CDU/CSU conserve quant à elle sa stratégie d’orthodoxie financière à l’échelle européenne, et ce, bien que le ministre des Affaires étrangères, Walter Steinmeier, soit issu du parti de Sigmar Gabriel. Mais en l’espèce, c’est bien le puissant Wolfgang Schäuble, ministre des Finances, qui conservera ses prérogatives. Les trois partis de la grande coalition se sont ainsi entendus pour que la responsabilité du sauvetage des banques incombe individuellement aux Etats en durcissant l’accès au mécanisme européen de stabilité (MES). Le texte d’accord commun rejette ainsi toute forme de mutualisation des dettes des pays de la zone euro. En revanche il soutient la mise en place d’une taxe sur les transactions financières et une loi destinée à lutter contre l’évasion fiscale des grandes entreprises.

 

 

 

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