Le Kremlin brise le monopole d’exportation de Gazprom

2013-10-31T16:25:38+00:00

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a officialisé le 30 octobre lors du conseil des ministres la fin du monopole de Gazprom dans l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL). La manoeuvre doit permettre de stimuler les investissements pour que la Russie puisse répondre à la demande grandissante de gaz en Europe et surtout en Asie. Cette libéralisation partielle ne concerne que le GNL, l’exportation par gazoducs restant le pré carré de Gazprom.

Stratégie 2030

Conseil des ministres

Conseil des ministres (c) Gouvernement russe

Cette mesure entre dans le cadre de la stratégie énergétique 2030 adoptée en 2009 par le gouvernement russe. Elle a pour ambition de lever les freins à la croissance des exportations russes et accélérer la modernisation de l’outil de production vieillissant. Dans son propos introductif, Dmitri Medvedev explique ainsi : « Le marché mondial de l’énergie est en train de changer, notamment en raison de la technologie de production et de transport du GNL. (…) Nous devons créer les conditions favorables à l’augmentation de la part de la Russie sur le marché mondial du gaz naturel ». L’objectif affiché par le ministre de l’Energie est d’atteindre 10% du marché en 2020 contre 4,5% aujourd’hui.

Pour atteindre cet objectif, la Russie doit multiplier les usines de liquéfaction mais Gazprom éprouve certaines difficultés à mener à bien tous ces projets. La compagnie peine également à finaliser le contrat d’approvisionnement avec la Chine qu’il convoite depuis des années. Une concrétisation rendue plus difficile par l’émergence d’un concurrent de poids : les Etats-Unis. L’exploitation massive et à bas coût des gaz de schiste outre-Atlantique a convaincu l’administration américaine de l’opportunité d’en exporter une partie sous forme de GNL. La Russie voit d’un mauvais oeil la nouvelle stratégie US qui vise également le marché sud-asiatique.

Libéralisation partielle

Si la décision du Kremlin n’enchante pas Gazprom qui s’est beaucoup battu pour garder son monopole, la libéralisation reste encore partielle. Le ministère de l’Energie a été chargé d’établir les critères à partir desquels une entreprise peut prétendre exporter du GNL. Ainsi, seuls certains projets du groupe public Rosneft et privé Novatek sont susceptibles d’en bénéficier. Pour l’heure, il s’agit du projet Sakhaline que Rosneft développe avec ExxonMobil dans l’extrême Est du pays et Yamal mené par Rosneft et Total.

 

Partager