Le Mexique s’ouvre aux capitaux privés et étrangers

2013-12-17T11:23:23+00:00

Le Parlement mexicain, en approuvant la réforme énergétique proposée par le président de la République Enrique Peña Nieto, vient de mettre un terme à 76 années de monopole de la compagnie publique Pemex. Les députés ont accepté, à 354 voix pour et 134 contre, la modification des articles 25, 27 et 28 de la Constitution qui accordaient l’exclusivité des opérations pétrolières et gazières à Petroleos Mexicanos (Pemex). La loi prévoit que Pemex puisse désormais passer des accords avec des compagnies privées et étrangères, ou leur accorder des licences d’exploitation. Autre changement majeur, le conseil d’administration  passe de 15 à 10 membres avec l’éviction des cinq représentants du puissant Syndicat des travailleurs du pétrole.

Le gouvernement espère ainsi relever la production d’hydrocarbures du pays en chute libre : elle est passée de 3,4 millions de barils jour en 2004 à 2,5 Mbj aujourd’hui. L’Exécutif compte également sur les groupes pétroliers étrangers pour développer le potentiel de gisements en offshore profond. Il faut dire que malgré des investissements qui ont sextuplés en 10 ans (4 à 25 millions de dollars), Pemex n’est parvenu à forer que cinq puits par an dans le Golfe du Mexique…

Le vote de la loi ne s’est pas fait sans heurt. Les députés de gauche, vent debout contre le projet de libéralisation, ont bloqué la salle plénière pendant plusieurs heures en scandant des slogans hostiles au gouvernement et à sa politique. Une contestation qui s’appuie sur la mémoire des comportements abusifs de compagnies pétrolières anglaises, hollandaises ou américaines au début du XXème siècle qui avaient conduit à leur expropriation en 1938 par le président Lázaro Cárdenas del Río. La Constitution réformée, les parlementaires mexicains doivent maintenant voter les lois d’application qui préciseront les modalités d’investissements des acteurs privés.

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