Le nouveau président du Cefic met l’accent sur l’énergie

2014-10-20T16:30:56+00:00
Jean-Pierre Clamadieu, p-dg de Solvay, est le nouveau président du Cefic.

Jean-Pierre Clamadieu, p-dg de Solvay, est le nouveau président du Cefic.

Le président du groupe belge Solvay, le Français Jean-Pierre Clamadieu, a été élu le vendredi 17 octobre président du Cefic, fédération européenne de la chimie. Il remplace  Kurt Bock, le patron du groupe BASF, numéro un mondial de la chimie, pour un mandat de deux ans. Parmi ses priorités, Jean-Pierre Clamadieu a évoqué son souhait que soit mise en place une « véritable politique européenne » de l’énergie au sein de l’Union. L’industrie chimique européenne souffre actuellement d’un manque de compétitivité. Elle est fortement concurrencée par la chimie américaine qui bénéficie d’un coût de l’énergie et de matière première moins élevé grâce au gaz de schiste. Le président souhaite donc pour l’Europe un accès à l’énergie sécurisé, à un coût compétitif. Selon lui, le mix énergétique devra inclure toutes les sources d’énergie possibles : renouvelables, nucléaire et ressources fossiles. A ce titre, il a estimé que l’exploitation des gaz de schiste devrait être reconsidérée. « Nous devons revisiter le sujet et le regarder de façon plus pragmatique en prenant en compte la nécessité de protéger l’environnement » a-t-il déclaré. Dans le même temps, la recherche d’une meilleure efficacité énergétique pour les installations chimiques en Europe continuera de figurer parmi les priorités. « La meilleure source d’énergie reste celle dont nous n’avons pas besoin » résume-t-il.

Croissance au ralenti

La nomination du patron de Solvay a malheureusement coïncidé avec une légère baisse des prévisions de croissance de la chimie européenne qui devrait progresser de 1,5% en 2014 et non de 2% comme annoncé en juin dernier. « Depuis le début de l’année, nous continuons d’être dans un contexte de faible croissance. Mais il n’y a pas eu de grands changements depuis cet été » tempère le président. Pour 2015, la croissance de l’industrie chimique est attendue à nouveau autour de 1,5%.

Interrogé sur l’avenir de la pétrochimie européenne, Jean-Pierre Clamadieu a affirmé que cette industrie continuera d’exister mais qu’elle devra s’adapter au changement du scénario énergétique. Il a par exemple évoqué l’hypothèse d’importer de l’éthane américain pour faire tourner les vapocraqueurs. C’est une option qui fait son chemin puisqu’elle est désormais envisagée par des acteurs comme Ineos en Ecosse ou Versalis près de Dunkerque.

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