Le péril du désert de stations-service

2013-05-30T12:00:13+00:00

La Fédération Nationale de l’Artisanat Automobile (Fnaa) a tiré mardi matin la sonnette d’alarme : si rien n’est fait, près de 4 millions de Français seraient menacés par la « désertification » des stations-service. La Fnaa se base sur une étude de l’administration de l’aménagement du territoire qui a recensé 871 stations dites « ultimes », c’est-à-dire « dont la disparition plongerait les automobilistes, les entreprises et les Services Publics géographiquement concernés dans une dangereuse situation de désertification ».

Désertification urbaine

Comme d’accoutumé, ce sont les zones rurales qui sont le plus touchées. Environ 300 000 personnes n’ont déjà aucune station-service à moins de 10 minutes en voiture de chez eux, et quelque 3,6 millions de personnes supplémentaires seront dans ce cas si la station la plus proche de leur domicile ferme. Mais fait nouveau, la désertification des stations-service touche désormais les villes. Et Paris ne fait cette fois pas exception à la règle. La Fnaa pronostique que si rien n’est fait, la capitale et la petite couronne ne compteraient que 39 stations en 2020, contre 122 actuellement et 137 en 2010.

La fédération dénonce l’obligation pour les stations de se soumettre à des normes environnementales avant le 31 décembre 2013. Selon elle, cette mesure pourrait conduire 1 600 points de vente à mettre la clé sous la porte, faute d’avoir les moyens de financer ces travaux. En 2012, la France ne comptait plus que 12 300 stations-service, contre 47 500 en 1975. Outre l’exode rural et un déclin plus récent de la consommation de carburants, cette restructuration drastique est la conséquence de la concurrence des des hypermarchés, où se vend désormais 60% du carburant consommé dans l’Hexagone.

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