Le programme Mégawatts contre Mégatonnes achevé

2013-11-20T11:15:54+00:00

C’est un accord symbolique de la fin de la Guerre Froide qui est arrivé à son terme le 14 novembre. Presque 20 ans jour pour jour après la signature du programme Mégawatts contre Mégatonnes (McM), le Département américain de l’Energie (DoE) a annoncé sa conclusion après le recyclage de quelque 20 000 têtes nucléaires. Pendant deux décennies, la Russie a ainsi envoyé aux Etats-Unis 500 tonnes d’uranium hautement enrichi pour être transformé en combustible dans les centrales nucléaires de l’Oncle Sam.

Faites de l’électricité, pas la guerre

megatonsLe finalisation du plan McM tombe au moment même où la communauté internationale semble proche d’un début d’accord avec l’Iran sur son controversé programme nucléaire. Comme un clin d’œil de l’Histoire, McM est emblématique de la lutte contre la prolifération nucléaire issue de la chute de l’URSS, et des moyens originaux pour y parvenir. L’idée de transformer les bombes nucléaires en combustible a été proposée par Thomas Neff, un physicien du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1991. L’accord a été signé deux ans plus tard par le président George H. W. Bush et a duré 20 ans comme prévu. Ce sont les compagnies américaine United States Enrichment Corporation (USEC) et russe Techsnabexport (TENEX) qui ont été chargées de mener à bien ce projet.

Mégawatts contre Mégatonnes a eu une réelle influence sur la production d’électricité outre-Atlantique puisque 10% des électrons (50% de l’énergie nucléaire générée) était issu du programme de non-prolifération. « Pendant deux décennies, une ampoule sur dix aux Etats-Unis était alimentée par les têtes nucléaires russes. L’accord de 1993 entre les Etats-Unis et la Russie a prouvé être l’un des accords de non-prolifération le plus réussi jamais engagé », s’est félicité Ernest Moniz, secrétaire d’Etat américain à l’Energie.

L’autre objectif de cet accord était de vérifier qu’en plus d’être techniquement faisable, le procédé de conversion était également économiquement rentable. S’il l’a été pendant un temps, le développement massif des shale gas et la catastrophe de Fukushima a quelque peu changé la donne. Le gel ou l’arrêt de plusieurs projets nucléaires qui s’en est suivi, a créé un excès d’offre d’uranium sur le marché mondial et une baisse mécanique de son prix (passé de 137 USD/lb en 2007 à 35,15 USD/lb en septembre), rendant l’opération moins rentable que l’achat direct auprès des fournisseurs.

 

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