Le projet espagnol Castor à la dérive ?

2013-10-08T14:07:34+00:00

Le projet espagnol de stockage de gaz naturel au large de la Costa del Sol, dénommé Castor, attire depuis une semaine les feux des projecteurs. Depuis le 13 septembre, entre 300 et 350 micro-séismes auraient été détectés dans la zone concernée. Une activité tectonique suffisamment louche pour inciter le ministère de l’Industrie, de l’Energie et du Tourisme à ordonner la suspension de toute activité liée à Castor. Madrid a dans le même temps chargé l’Institut géographique national de déterminer si l’activité humaine pourrait être à l’origine de ces mouvements sismiques comme beaucoup d’Espagnols le pensent.

Faille active

La plateforme d'injection (c) Escal UGS

La plateforme d’injection (c) Escal UGS

Ces micro-séismes n’inquiéteraient pas autant si les détecteurs n’avaient pas mis au jour une augmentation progressive de leur intensité. Dernier exemple en date, mercredi 2 octobre, 15 nouvelles secousses ont été ressenties dont une de 1,5 et une autre de 2,9 sur l’échelle de Richter. Deux jours plus tôt, un séisme de magnitude 4,2 a été enregistré, soit le plus important dans la région depuis 38 ans. De quoi inquiéter les habitants à proximité qui ne croient pas à la coïncidence avec le début des opérations d’injections de gaz tampon.

Des techniciens du ministère de l’Energie se sont rendus sur place pour s’assurer qu’aucune activité n’avait reprise et essayer de comprendre si un lien de causalité peut être établi entre le projet et les séismes. Un lien qui ne fait aucun doute pour Luis Suarez, président du Collège des géologues. Interrogé par le quotidien La Razon, il explique : « La roche agit comme une éponge. Elle absorbe le gaz injecté à haute pression et accumule de l’énergie ». Ce phénomène naturel pourrait être à l’origine des 300 micro-séismes en raison de la proximité (51 km) de la faille active d’Amposta.

Castor est un ancien gisement de pétrole situé en mer Méditerranée, en face de Valence, reconverti depuis 2008 en site de stockage de gaz naturel. La compagnie en charge du projet Castor, Escal UGS, (détenue à 67% à ACS et 33% à CLP) a initié la première phase d’injection de gaz tampon depuis le 14 juin 2013. Quelques 100 millions de m3 de gaz ont ainsi été injectés dans le gisement. Selon la compagnie, quelque 1,3 milliard d’euros auraient été investis dans ce projet.

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