Le siège social et des hauts cadres d’Areva perquisitionnés

2014-06-04T16:57:53+00:00

La Justice poursuit son travail dans l’affaire Uramin, du nom de cette société minière canadienne achetée à prix d’or par Areva, avant de diviser par cinq sa valeur comptable. Une dizaine de perquisitions ont été menées le 3 juin chez de hauts cadres du géant nucléaire français. Areva a de son côté confirmé la perquisition de son siège social par ces mêmes enquêteurs.

Dysfonctionnement ou fraude ?

Uramin, qui ambitionnait d’exploiter des gisements d’uranium dans plusieurs pays africains, avait été achetée par Areva 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros). Cette acquisition s’est avérée être peu judicieuse et le groupe français a dû passer des provisions en 2010 et 2011 d’un montant total de près de 1,9 milliard d’euros. En première ligne, Anne Lauvergeon, ancienne présidente d’Areva s’était dite le 21 mai victime « d’un certain acharnement » et avait défendu la décision stratégique d’acquérir Uramin, se faisant l’avocate d’un modèle intégré permettant d’assurer au groupe son approvisionnement en uranium. Elle avait également invoqué la crise financière de 2008, survenue quelques mois après l’acquisition, puis la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011 qui devait faire plonger le cours de l’uranium.

Les enquêteurs ont perquisitionné le siège d’Areva et le domicile de l’ancienne patronne du groupe. Plusieurs autres anciens dirigeants d’Areva ont été concernés par cette opération, notamment l’ex-responsable des mines, Sébastien de Montessus, qui a quitté Areva en 2012, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier. Le domicile d’un autre ancien cadre, Daniel Wouters, qui avait préparé cette opération de rachat quand il était directeur du développement d’Areva, a également été perquisitionné, ont ajouté ces sources. Le rachat d’Uramin a fait l’objet de très vives critiques de la Cour des Comptes dans un pré-rapport publié en mai. En avril, suite à un signalement des magistrats de la rue Cambon, le parquet national financier (PNF) avait ouvert une enquête préliminaire pour « présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles », « diffusion d’informations fausses ou trompeuses » et « faux et usage de faux ». La justice cherche notamment à établir si les difficultés posées par l’exploitation des mines ont pu être délibérément dissimulées avant le rachat et si les provisions ont été délibérément prises trop tard pour retarder la découverte de l’effondrement de la valeur d’Uramin. En mars 2012, un rapport parlementaire avait estimé que l’acquisition d’Uramin n’avait pas donné lieu à des manoeuvres frauduleuses, mais avait été entachée par des « dysfonctionnements » en matière de gouvernance. Il avait relevé que le choix d’acquérir Uramin était « un pari industriel, non illégitime pour Areva, mais trop coûteux ».

 

 

 

 

Partager