Les Etats-Unis investissent dans l’éthanol cellulosique

2014-09-04T15:12:28+00:00
La nouvelle unité de production de POET-DSM dans l'Iowa.

La nouvelle unité de production de POET-DSM dans l’Iowa.

POET-DSM Advanced Biofuels, co-entreprise entre le groupe chimique néerlandais DSM et le producteur américain d’éthanol POET, vient d’inaugurer en grande pompe sa première usine commerciale d’éthanol cellulosique à Emmetsburg, dans l’Iowa. Baptisée Projet Liberty, cette usine qui a coûté 275 millions de dollars permet de prouver que la production de carburants de deuxième génération n’est plus une fantaisie de technologues « mais devient une réalité », selon Jeff Broin, président-fondateur de POET. Cette unité utilise une technologie qui convertit par la biotechnologie des résidus agricoles en carburant renouvelable, par exemple des résidus de la production de maïs (feuilles, tiges, épis laissés dans les champs…). À pleine capacité, elle permettra de convertir 285 000 tonnes de biomasse par an pour produire de l’éthanol à raison de 75 à 100 millions de litres.
« C’est un jour historique qui marque la viabilité des usines d’éthanol à partir de résidus cellulosiques pour la production d’essence. Nous passons de l’âge du fossile à l’âge du renouvelable » a déclaré Feike Sijbesma, président de DSM. Si les deux partenaires ont pris des risques pour porter cette nouvelle technologie à l’échelle commerciale, ils ont toutefois reçu d’importants soutiens financiers des pouvoirs publics. Le ministère américain de l’Énergie (DOE) a octroyé 100 millions de dollars de subventions pour soutenir les coûts d’ingénierie et de construction, ainsi que la mise en place d’infrastructures de collecte de biomasse dans un rayon de 70 km. L’État de l’Iowa a apporté 20 M$ de subventions et le ministère de l’Agriculture (USDA) 2,6 M$. Les agriculteurs tireront au passage 20 M$ de revenus de la vente de leur biomasse. Il convient également de citer le rôle déterminant du RFS (Renewable Fuel Standard) qui a encouragé une augmentation des investissements dans les biocarburants avancés et emmené les Etats-Unis vers un taux d’incorporation d’éthanol dans les essences au delà de 10%.

L’essor de la production de carburant 2G

La production de carburants de deuxième génération est une technologie qui monte. Selon l’IFP Energies Nouvelles, entre 2008 et 2013, le nombre de pilotes et de démonstrateurs existants, ou en construction, a quasiment triplé. L’institut a recensé plus de 80 projets dans le monde dans l’éthanol cellulosique (une vingtaine de plus portent sur le biodiesel et le biokérosène 2G). Cependant, à ce jour, seules deux usines ont atteint le stade commercial. Il s’agit de l’unité de Beta Renewables (80 millions de l/an) à Crescentino en Italie et de l’Indian River County BioEnergy Center en Floride supporté par Ineos Bio et le DOE (30 millions de l/an). De son côté la France porte le projet Futurol, financé dans le cadre des AMI de l’Ademe. La voie retenue est celle de la biotechnologie, avec une promesse d’offre commerciale en 2016. Ces projets laissent néanmoins le champ libre à DSM-POET qui se prépare à créer un « business » autour de la vente de licences. Sous réserve de changements dans les soutiens publics apportés aux Etats-Unis et dans le reste du monde dans l’éthanol cellulosique, POET-DSM espère dégager un chiffre d’affaires d’environ 250 M$ à l’horizon 2020. Le marché sera en effet mondial. Il ne faudra pas sous-estimer l’Asie-Pacifique, avec notamment Chine présente sur tous les fronts. Même dans le bioéthanol 2G.

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