Les Etats-Unis proposent d’être le nouveau partenaire énergétique de l’Europe

2014-03-28T10:01:24+00:00

La très attendue visite du président américain, Barack Obama, le 26 mars a été placée sous le signe de l’énergie. Profitant de la tension entre les dirigeants européens et russes, les Etats-Unis placent leurs pions et se posent en nouveau partenaire stratégique pour la sécurité énergétique européenne. Cette proposition entre dans le cadre plus large du grand accord de libre-échange transatlantique (TTIP, en initiales anglaises) en négociations depuis des mois et que le président américain aimerait bien voir finalisé rapidement.

In LNG we trust !

(c) AFP - Georges Gobet

(c) AFP – Georges Gobet

Pour séduire les européens, Barack Obama a multiplié les appels du pied expliquant en conférence de presse que grâce au boom des gaz de schiste, les Etats-Unis mettaient déjà sur le marché international la consommation quotidienne de gaz de l’Europe sous forme de GNL. Une information partiellement exacte. Car si les exportations de GNL correspondent à peu près aux importations européennes, le gaz naturel liquéfié ne représente que 15% des molécules qui arrivent sur le Vieux continent, le solde parvenant par gazoducs, de Russie majoritairement. Les Etats-Unis ne pourraient donc pas compenser un défaut du fournisseur russe, même à pleine capacité. Dans le communiqué commun publié après le sommet (et que le lecteur trouvera ici) l’Union européenne dit « accueillir favorablement la perspective des exportations de GNL des États-Unis dans l’avenir, car ces fournitures mondiales supplémentaires bénéficieront à l’Europe et d’autres partenaires stratégiques ».

Un partenaire fiable ? 

On le voit bien, les Etats-Unis ont décidé de jouer à fond la carte des exportations de gaz de schiste pour accélérer la signature de l’accord de libre-échange. Barack Obama profite ainsi de la défiance envers la Russie et des risques que cela fait peser sur la sécurité d’approvisionnement énergétique du Vieux continent. Et pas seulement gazière ! Par un heureux hasard, alors que Barack Obama tentaient de convaincre Manuel Barroso, président de la Commission européenne, du bien fondée de sa proposition, l’Energy Information Administration (EIA) publiait le même jour une étude fort à propos qui affirmait que le pays de l’oncle Sam a fourni au 4ème trimestre de l’année dernière 10% de la production mondiale de brut, grâce notamment aux huiles de schiste.

Pour autant, la question de la fiabilité du partenaire américain reste posée malgré les relations historiques qui unissent l’Europe aux Etats-Unis. Car si le dialogue avec la Russie a parfois été dur, Moscou n’a jamais fermé le robinet des exportations à ses clients européens (qui paient). Les revenus gaziers sont en effet indispensables au budget de l’Etat. Ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis. L’administration Obama a clairement conditionnée les licences d’exportation au maintien d’un prix du gaz bas sur le Henry Hub, facteur de réindustrialisation du pays. Les exportations américaines d’hydrocarbures ne dépendront donc pas de la demande européenne mais des seuls arbitrages de la Maison Blanche. Ce qui n’en fait pas un fournisseur des plus fiables…

Partager