L’Irak porte plainte contre la Turquie

2014-06-02T11:34:25+00:00

L’Irak a déposé le 23 mai une plainte auprès de la Chambre de commerce internationale contre la Turquie pour avoir commencé à livrer à l’étranger du pétrole du Kurdistan irakien sans l’autorisation de Bagdad, au risque d’envenimer les relations déjà tendues entre les deux pays. Le gouvernement central irakien ne parvient pas à convaincre sa province de plus en plus autonome de se plier aux règles nationales, créant en quelque sorte deux rentes pétrolières distinctes.

Exportations non-contrôlées 

« Le ministère du Pétrole de la République d’Irak a annoncé aujourd’hui qu’il a envoyé une demande d’arbitrage à la Chambre de commerce internationale (ICC à Paris) à l’encontre de la République de Turquie et de son opérateur (…) Botas », indique le ministère dans un communiqué. « En transportant et stockant du brut du Kurdistan, et en le chargeant sur un tanker à Ceyhan, le tout sans l’autorisation du ministère irakien du Pétrole, la Turquie et Botas ont enfreint leurs obligations stipulées dans l’Accord sur l’oléoduc Irak-Turquie », ajoute-t-il. Le ministère a indiqué avoir demandé à l’ICC d’ordonner à la Turquie et au groupe public turc Botas de « cesser tout chargement, tout transport et tout stockage non autorisé de brut », ajoutant qu’il souhaitait obtenir des dommages de plus de 250 millions de dollars. Plus tôt, le ministre turc de l’Energie Taner Yildiz avait indiqué que son pays avait commencé à livrer jeudi soir du pétrole pompé au Kurdistan et stocké dans le port méditerranéen de Ceyhan. « C’est l’Irak qui vend et produit le pétrole et c’est l’Irak encore qui gérera les ventes futures », a cependant pris soin de souligner le ministre. Le gouvernement irakien insiste sur le fait qu’il est le seul habilité à exporter le pétrole, dont les recettes fournissent à l’Etat 95% de ses revenus. Un responsable turc, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a indiqué à l’AFP qu’Ankara n’avait pas été informé de la décision de Bagdad de déposer plainte auprès de l’ICC. L’exportation du pétrole du Kurdistan intervient malgré un engagement en mars de cette région d’exporter 100.000 barils de pétrole par jour à travers les oléoducs contrôlés par le gouvernement central, une mesure qui était destinée à apaiser les tensions. Les autorités kurdes, basées à Erbil, ont argué vendredi que les recettes des ventes seraient déposées dans la banque publique Halkbank, assurant qu’elles avaient agi de façon transparente. La région kurde « continuera d’exercer ses droits d’exporter et de vendre du pétrole » mais demeure engagée à négocier « de bonne foi » avec Bagdad « pour parvenir à un accord complet » sur le partage des réserves énergétiques, ont-elles indiqué.

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