L’UFE dénonce la tournure du débat national

2013-06-26T09:25:59+00:00

A quelques jours de la fin du débat national sur la transition énergétique (DNTE), prévue pour mi-juillet, l’inquiétude grandit chez les représentants des entreprises. Robert Durdilly, président de l’Union Française de l’Electricité (UFE) a dénoncé lundi 24 juin les « illusions » de certains participants et le manque de chiffrage économique des travaux. Des critiques qui font suite à deux évènements récents qui ont achevé de diviser les membres du collège.

Facteurs de désaccord

Un premier signe de dissension est apparu le 20 juin avec la dépublication, sur le site internet du ministère de l’Ecologie, d’un document listant les priorités fixées par le DNTE. Des axes que ne partageaient pas les représentants des entreprises mais qui faisaient l’unanimité des ONG notamment. Le Medef a obtenu finalement son retrait. Deux jours plus tard, Laurence Tubiana, écrivait dans une tribune chez notre confrère du Monde que « la transition énergétique est un processus économiquement rentable » et que « les coûts qu’engendrerait le maintien du système actuel, basé sur les énergies fossiles, se révéleraient à terme beaucoup plus élevés que ceux que représentera la transition énergétique ». Une position que ne partage pas Robert Durdilly : « Le postulat qui est en train de se développer selon lequel la transition énergétique sera en elle-même porteuse de développement économique et d’emplois est un postulat extrêmement dangereux et pourtant il est en train de prospérer aujourd’hui ».

Le président de l’UFE estime également que le lien entre le facteur 4 (division par 4 des émissions de gaz à effet de serre en 2050) et le facteur 2 (division par 2 de la consommation d’énergie) n’est pas évident. « Dire que la transition énergétique se résume à un combat sur la demande est une hérésie qu’on souhaite dénoncer et donc on pense qu’il faut avoir une politique qui joue sur plusieurs leviers », a-t-il insisté. Le représentant des producteurs d’électricité de l’Hexagone a mis en garde contre cette vision décroissante qui obligerait à changer nos modes de vie en profondeur (maison et voiture individuelle par exemple).

Enfin, Robert Durdilly a déploré que seuls les députés d’Europe Ecologie les Verts soient réellement mobilisés par le débat et dit craindre les conclusions des travaux qui pourraient être « orientés ».

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