L’Ukraine paye sa révolution au prix fort

2014-04-07T10:37:09+00:00

Nous l’annoncions en début de semaine, la Russie a annulé jeudi le dernier rabais octroyé à l’Ukraine sur les livraisons de gaz russe, faisant passer le prix des 1 000 mètres cubes à 485 dollars (contre 285 $ avant la crise politique), ce qui représente l’un des prix les plus élevés appliqués aux pays européens. Moscou rappelle que ce rabais avait été accordé en 2010 en échange du maintien de la flotte russe à Sébastopol. La révolution ukrainienne prend ainsi une tournure catastrophique avec la perte d’une partie de son territoire, des mesures de rigueur extrêmes pour éviter la faillite du pays et une flambée des prix du gaz.

Compensations ?

Alexeï Miller (c) Gazprom

Alexeï Miller (c) Gazprom

« Le prix du gaz pour l’Ukraine augmente et à partir d’avril s’établit à 485 dollars les 1 000 mètres cubes », a déclaré le patron de Gazprom, Alexeï Miller, dans des propos retransmis par la télévision russe relayés par l’AFP. Il s’exprimait lors d’une rencontre avec le Premier ministre russe Dmitri Medvedev qui a annoncé la fin de la réduction de 100 dollars accordée en 2010 lors d’un accord entre Moscou et Kiev sur la prolongation du bail de la Flotte russe de la mer Noire dans sa base historique de Sébastopol, en Crimée. Cette péninsule du sud de l’Ukraine étant revenue dans le giron russe, Moscou considère que cet accord n’a plus lieu d’être. Cette nouvelle annonce a été faite après une rencontre à Moscou entre Alexeï Miller et le patron de la compagnie ukrainienne Naftogaz, Andriï Kobolev, au cours de laquelle Gazprom a exigé des « mesures immédiates » pour que l’Ukraine rembourse sa dette de 2,2 milliards de dollars. « Que nos partenaires ukrainiens cherchent les finances nécessaires pour rembourser leurs dettes et payer leurs factures, car sans cela aucune coopération, ni dans ce domaine ni dans d’autres domaines, ne peut être mise en oeuvre », a lancé Dmitri Medvedev.

Le Premier ministre russe a aussi averti que Moscou envisageait de réclamer une compensation pour le manque-à-gagner occasionné au budget russe par le tarif préférentiel appliqué depuis 2010. « Avec l’application de ce tarif préférentiel, la Russie n’a pas reçu de revenus issus des droits de douane sur le gaz », a-t-il dit, affirmant que Moscou avait accepté ce rabais en guise d’« avance » contre le prolongement du bail de la Flotte de la mer Noire jusqu’en 2042. « C’est pourquoi nous examinons la question de mettre en oeuvre des mécanismes de compensation », a précisé Alexeï Medvedev.

Partager